A propos de retraite...



.... ou comme quoi, arriver à la retraite et continuer à vivre et bien vivre n’est pas forcément une histoire de points ou de trimestres accumulés.

« La personne qui s’est occupée de longues années, de ma grand-mère âgée et malade se retrouve seule et à l’âge de la retraite. Que va-t-elle devenir ?
Nous l’aimons bien, et nous voudrions tous qu’elle soit heureuse. Elle aussi et son caractère bien trempé ne la pousse pas à jouer les ramollis.

Très reconnaissants pour les nombreuses années qu’elle a passé à prendre soin de leur mère sans compter ses heures et ses jours, d’un commun accord les 7 frères et sœurs se sont entendus pour lui trouver, comme elle le souhaitait,  une petite maison dans un village perdu au cœur de l’Auvergne. Elle renoue là avec ses origines et ses attaches.

Ne croyez pas qu’elle s’y ennuie. Cela fait 20 ans qu’elle continue à se mettre en quatre pour recevoir ou aider tous ceux qui le lui demandent. La réciproque est vraie, comment ne pas souhaiter la compagnie d’une personne aussi gentille, aussi gaie et aussi intéressante. 

Car elle sait faire plein de chose de ses mains : rempailler les chaises, refaire des fauteuils avec les tapisseries qu’elle a elle-même composées, jardiner, faire la cuisine et tricoter, tricoter encore et tricoter sans fin, des chaussettes, des brassières, des pulls. Tout lui est possible.
Sa maison est toujours ouverte et comme elle se trouve au cœur du berceau de la famille, mariages, baptême, fêtes, toutes les raisons sont bonnes pour que ses frères, sœurs, neveux, petits neveux et amis bien sûr, viennent envahir chez elle.


Et puis surtout elle n’a pas peur de la solitude : « Pour aimer la solitude », m’a-t-elle dit un jour, « il faut qu'elle soit pleine de nos richesses intérieures... mais pour que nous prenions conscience de ces richesses, il faut que nous nous retrouvions seuls. » Et elle a poursuivi en riant : « C'est en sautant à l'eau qu'on apprend à nager : c'est en faisant l'expérience d'une certaine solitude qu'on apprend à s'en débrouiller. »

A 87 ans , son rythme s’est un peu ralenti, mais elle continue toujours à tricoter au coin du feu. Le plus grand plaisir des enfants est de choisir laine et modèle et de lui envoyer le paquet. Nous avons beau être très nombreux, elle tricote si vite qu’elle habille toute la famille. 
Ses mains ne s’ennuient jamais, son esprit non plus car si elle regarde souvent la télévision, sa plus précieuse compagnie, avec ses souvenirs et ses projets, reste la présence de Dieu à qui elle est restée toujours fidèle. Elle prie pour les uns, elle prie pour les autres, elle prie pour elle aussi et le temps ne semble jamais lui paraître long.

Souvent nous lui téléphonons, à moins que ce ne soit elle qui appelle. Ce n’est pas ennuyeux car elle est un peu la gazette de la famille ni triste car elle ne se plaint pas, même si la vie qui se ralentit lui pèse un peu.

Quel exemple de simplicité et de vie… d’amour aussi, d’amour surtout. On a beau dire, il y a les aléas de la vie certes, il y a aussi et surtout ce que l’on fait de sa vie. »

D’une adhérente que nous remercions.
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