A propos de nos églises et du respect de notre passé


On ne peut pas mettre le ramadan et les crèches sur le même plan
Claire Bouglé-Le Roux, Maître de conférences à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, répond à la tribune de Madeleine Bazin de Jessey dans LeFigarovox, s'interrogeant à juste titre sur la pertinence d'organiser une Nuit du Ramadan dans les locaux de la Mairie de Paris. Extrait :

"[...] Contrairement à ce qu'implique la logique d'égalité défendue par Madeleine Bazin de Jessey, les crèches et le ramadan ne peuvent, au nom du principe de laïcité, faire l'objet d'un même traitement. Ce serait en effet renoncer à cette donnée historique considérable qu'est l'attachement consubstantiel qui lie notre pays à la religion chrétienne expliquant et légitimant sur son territoire, et bien souvent sur le domaine public, la présence d'innombrables clochers et calvaires, sans parler des processions ou des pardons qui constituent une part importante de notre patrimoine culturel commun.

Ni l'amitié avec les Français de confession musulmane, ni les ambitions personnelles et électorales poussant à ménager tel ou tel groupe d'électeurs, et encore moins le souci de communication politique ne peuvent primer sur la réalité historique qui en bien des aspects irrigue encore nos institutions. Loin de condamner, comme le fait Madeleine Bazin de Jessey, la «laïcité à géométrie variable», il s'agit ici plutôt d'en faire l'éloge, en formulant le souhait qu'elle garantisse à la religion chrétienne historiquement ancrée dans notre pays un statut privilégié, à raison de sa haute valeur culturelle
Dans ce domaine encore, il convient de rappeler que l'égalité juridique ne vaut qu'à situation équivalente et qu'il n'est pas choquant, dans un pays gouverné par la liberté religieuse, d' admettre en France des crèches dans des lieux publics tout en refusant le principe même d'une Nuit du Ramadan organisée par une municipalité.

Reconnaître que notre pays est indubitablement cette France fille aînée de l'Eglise, fondée dans les eaux du baptême de Clovis, celle-là même que gouverna Saint Louis, et celle que Jeanne délivra des Anglais, n'est pas simplement une question d'identité, mais plus simplement une réalité. La France est en effet chrétienne, quoi qu'on veuille, qu'on ait la foi ou non, et le nier reviendrait à renoncer à la comprendre.

C'est donc au respect de notre passé qu'il faut appeler fermement nos gouvernants et non les engager à une application stricte de la laïcité qui conduit à terme au déni et au renoncement implicite de ce qui constitue le socle de notre histoire nationale."

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