« Qui es-tu pour me donner un ordre ?»


Depuis l’enfance, souvent depuis la naissance une très grande majorité des enfants de France ne sont plus gardés par leurs parents. En 2006 déjà, une étude indiquaient qu’ils étaient 50% à être confiés, dès l’âge de 4 mois et jusqu’à deux ans pendant que les parents travaillent. Le chiffre augmente d'années en années et encore très largement après le passage des deux ans. 

Ces enfants, pris en charge dès tout petits,  par une ou plusieurs gardes, dans une ou plusieurs structures, apprennent à ne dépendre de personne, à n’obéir qu’à eux même et à jouer avec l’amour et la sensibilité de leurs parents. Car les parents qui aiment leurs enfants, mais sont fatigués par leur journée de travail , n’ont ni le courage ni l’envie, ni le temps de prendre la casquette d’éducateur.

Leur bébé c’est le doudou qu’ils retrouvent le soir. Il est chargé de leur donner le bonheur derrière lequel tout le monde court. Mais un enfant n’a jamais été un doudou, il a sa vie propre, son caractère et les besoins qui correspondent à son âge : dormir quand il est l’heure, jouer mais aussi apprendre, ….se faire câliner, mais aussi se faire gronder. Il a toujours besoin  de savoir qu’auprès de lui deux adultes qu’il aime par-dessus tout, s’entendent pour l’aimer, le respecter et le faire grandir.

Qui lui dira? Le temps manque le soir, le temps manque aussi le matin et les parents pensent s’en sortir en autorisant tous ses caprices, de peur de contrarier l’enfant et de perdre son amour.
Et pendant que les parents courent, les enfants sont seuls et apprennent à ne rendre de compte à personne. Leur phrase fétiche est sans appel : « Je fais ce que je veux. »

Terminé le doudou. L’enfant a grandi. Livré à lui-même, dès le plus jeune âge il n’hésite plus à invectiver les adultes et en particulier ses professeurs, et à répondre sans hésiter : « Prof, qui es-tu pour me donner un ordre ? ». Ce sera ensuite le tour des parents.

 « Ce sont des centaines d’e-mail par an, dit Guy Gilbert (éducateur), et autant de coups de fil, qui me sont envoyés par des parent paumés, me suppliant de résoudre avec eux les problèmes de leurs chérubins.  
Parents, ne démissionnez pas ! Sachez dire non. Prenez du temps pour vos enfants. Jamais vous ne retrouverez le temps que vous ne leur avez pas donné quand ils sont si fragiles dans votre nid. Alors l’espérance gagnera. »

Brigitte Jacquelin --  Médiateur

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