Louise, ma fille...


Plus de 17.000 « likes » ce jeudi après-midi, 2861 commentaires, 29.891 partages. Et les chiffres continuent de grimper. Sur Facebook, le plaidoyer de Caroline Boudet, pour ne pas réduire sa fille Louise à la trisomie 21, fait le tour du monde depuis lundi.
C’est d’abord un cri du cœur, une colère libérée par la force de mots. Louise, quatre mois, est atteinte de trisomie 21. Dès la sortie de la maternité, les réactions fusent. Elles se veulent compatissantes mais heurtent Caroline Boudet, maman de 36 ans. «  Avec le temps, on s’habitue, on se dit que ce sont des maladresses, qu’il faut se blinder », écrit la journaliste dans une note partagée sur Facebook. « Mais parfois, trop c’est trop. »

Le déclic ? « C’est votre enfant malgré tout » : ce commentaire déplacé décide Caroline Boudet à s’exprimer publiquement. Louise est son enfant, tout simplement. Le plaidoyer, également diffusé sur The Huffington Post sous le titre «  Louise, ma fille, quatre mois, deux bras, deux jambes et un chromosome en plus  », est alors partagé plus de 15.000 fois en vingt-quatre heures.


[LES MOTS SONT IMPORTANTS] Elle, c’est ma fille. Louise. Qui a quatre mois, deux bras deux jambes, des bonnes grosses joues et un chromosome en plus. S’il vous plaît quand vous rencontrez une Louise, ne demandez pas à sa mère “Ca n’a pas été dépisté pendant la grossesse?” Soit ça l’a été et la décision de “garder l’enfant” est assumée, soit ça ne l’a pas été et la surprise a été assez importante pour ne pas revenir dessus. En plus, toute mère à une fâcheuse tendance à culpabiliser sur tout et n’importe quoi, alors un chromosome en plus passé inaperçu, je vous explique pas.
Ne dites pas à sa mère “C’est votre bébé malgré tout”. Non. C’est mon bébé, point. Et “malgrétout”, c’est moche comme prénom, je préfère largement Louise.
Ne dites pas à sa mère “comme c’est une petite trisomique… etc” Non. C’est une petite âgée de quatre mois qui est atteinte de trisomie, ou qui a une trisomie, comme vous voulez. Ce 47e chromosome n’est pas ce qu’elle EST, c’est ce qu’elle A.Vous ne diriez pas “Comme c’est une petite cancéreuse… etc”.

Ne dites pas “ils sont comme ci, ils sont comme ça”. Non. “Ils” ont tous leur caractère, leur physique, leurs goûts, leur parcours. “Ils” sont aussi différents entre eux que vous l’êtes de votre voisin.
Je sais que quand on ne le vit pas, on ne le pense pas, mais les mots importent. Ils peuvent réconforter ou blesser. Alors, pensez-y juste une petite seconde, surtout si vous faites partie du corps médical et portez une blouse blanche, rose ou verte.
Je n’ouvre d’habitude pas mes statuts à tous, mais pour celui-ci ce sera le cas. Vous pouvez faire tourner et le partager si vous le souhaitez.
Car des “mamans de Louise”, il y en a 500 nouvelles par an qui se font gâcher une journée par des mots malheureux. Je sais que ce n’est pas fait pour blesser. Il suffit de le savoir.