De plus en plus de jeunes adultes avouent être malheureux alors que leur vie (job, famille, amis..) est en apparence équilibrée. Qu'est-ce qui peut expliquer ce sentiment de vide intense chez quelqu'un qui paraît ne manquer de rien ?


Les enfants sont élevés par les parents, mais aux alentours de 20 ou 30 ans, il faut que les jeunes trouvent leurs ressources personnelles pour aller de l’avant.
Jusque-là les parents leur avaient donné des lignes de conduite et de devenir. A partir de 20 ans ils doivent commencer à conduire leur route de vie par eux-mêmes. Ils arrivent parfois qu’ils aient des moments de tristesse, de peur puisqu’ils ne sont plus soutenus comme avant.

S'il y a donc erreur, c’est peut-être parce que l’on met un peu trop actuellement les enfants dans des rails de scolarité et de devenir. On oublie un point important dans les apprentissages : la confiance en soi. L’école comme les parents ne travaillent pas assez sur la confiance en soi. Un jeune adulte doté de confiance en lui-même pourra rebondir après un échec à l’opposé d’un jeune qui en manque. 

Mais, ce sentiment d’être dépassé n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est que les valeurs sociales et spirituelles de la société sont aujourd’hui remises en question. Il est donc plus difficile pour les jeunes adultes de trouver leurs propres repères, leurs propres valeurs et des croyances en l’avenir.
D’autre part, il est nécessaire que les jeunes adultes prennent régulièrement le temps de remettre à jour leurs valeurs.
Des pauses de réflexion semblent également cruciales dans la vie d’un jeune adulte. Il doit réfléchir à ce qu’il souhaite faire et diminuer certaines valeurs au profit d’autres, par exemple celles de famille et de spiritualité.

Gisèle George est pédopsychiatre. Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages comme La confiance en soi de votre enfant (2007, Odile Jacob) ou encore Ces enfants malades du stress (2002, Anne carrière) 
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