Concours: "Bonne fête Maman" suite de textes.


La famille est réunie pour les derniers adieux à maman
On se souvient, on raconte, on témoigne

-Sa cousine : C’était une femme généreuse »
-Un petit fils: « mamie s’intéressait à nous, elle était fière de nous quand on travaillait bien à l’école »
-La femme de mon cousin, «  une fille de la ville » : « c’est elle qui m’a donné envie d’apprendre à faire des gâteaux . Chaque dimanche il y avait en effet un savarin, biscuit ,forêt noire ou autre  nid d’abeilles pour accueillir le visiteur éventuel ; Le point d’orgue de l’année étant la confection de paniers entiers des petits gâteaux des Noèls traditionnels en Lorraine ,qui faisaient sa fierté et notre bonheur
-Mon père qui a été orphelin très jeune «oh combien je l’ai aimée, je n’ai pas eu de mère, elle m’a donné une famille »

Oui une famille, une grande famille même, un foyer animé et chaleureux, une maison accueillante et bruyante avec 6 enfants, plus le grand père paternel, la grand-mère maternelle et une vieille tante à charge qui vivaient tous sous notre toit. Maman s’occupait de tout le monde sans ménager sa peine.
Oui maman était tout ça : une femme généreuse, travailleuse, accueillante et aimante. Exigeante et sévère aussi .Et féministe avant l’heure : les filles devaient être traitées d’égal à égal avec les garçons et partir faire des études, ce qui était très avant-gardiste et suscitait beaucoup de commentaires dans le village où la norme était de partir en école ménagère à 14 ans, en apprentissage ou à l’usine.

Une fois par an elle prenait le train et traversait toute l’Alsace pour aller rendre visite à sa tante religieuse à Mulhouse .Elle  m’emmenait quelquefois, à partir de mes 3 ans, et ces escapades ont fait naître mon goût des voyages. Je découvrais avec étonnement un univers nouveau que maman prenait plaisir à me montrer et expliquer : les cheminées des usines, les cigognes, le zoo de Mulhouse point d’orgue du voyage Et j’ai découvert ce qu’était une ville avec ses magasins et ses immeubles: dans mon petit village, chaque famille  avait sa maison alors ce concept d’habitat collectif me plongeait dans une grande perplexité .

Un jour, je devais avoir 7 ans, une religieuse de la congrégation m’a offert un livre de la collection rose  dont le titre était « Lili et son basset »  Déception, il n’y avait pas d’images et mon français de petite Lorraine était encore bien approximatif. Mais pour m’occuper pendant le voyage du retour, je me suis attelée à le déchiffrer et ô surprise, j’ai réalisé à ce moment là que non seulement je savais lire  mais aussi comprendre ce que je lisais. Cette découverte m’a remplie d’une immense fierté, un moment dont je me souviens comme si c’était hier.


Il Y a quelques années, oh surprise, je suis tombée sur ce même livre dans un vide grenier .Le vendeur m’a entendue raconter cette histoire  à l’amie qui m’accompagnait alors il me l’a offert dans un grand élan spontané : il faudrait bien que je le relise un de ces jours J