A propos de l’autorité (I)


Depuis des années, le discours officiel étant de ne surtout pas faire preuve d’autorité vis-à-vis de ses enfants devenus des enfants copains, des enfants câlins, on a fini par arriver à l’épuisement des uns et des autres. 

Mais rien ne va plus, et dans notre culture où l’individu prime sur le collectif et où nous commençons à ne plus retrouver nos marques, il faut constater que la valeur « autorité » rencontre un nouvel écho. Ce qu’il y a de très curieux, mais nos contemporains n’en sont pas à une contradiction près, c’est que si l’autorité commence à retrouver ses lettres de noblesses, l’obéissance elle n’est pas sorti des oubliettes où l’avait jeté la cohorte des bien-pensants de 1968.
Et pourtant, que vaut l’autorité s’il n’y a personne pour obéir ? Que vaut la loi s’il n’y a personne pour l’appliquer ?

Je ne vais pas me faire le défenseur irréfléchi de l’autorité ou de l’obéissance tous azimuts : comme pour tout, il y a dans autorité et obéissance le tout et son contraire, suivant celui qui en fait usage et dans quelle intention. On ne peut pas oublier que l’autorité peut aller jusqu’à la tyrannie et l’obéissance jusqu’à l’esclavage.

Contrairement à ce qu’on a voulu nous faire croire,  on ne peut pas remettre en cause l’existence de l’autorité, au pire ce sera la loi du plus fort. Par contre il faut considérer sa légitimité : qui exerce l’autorité et dans quel but ?
L’autorité n’est pas le pouvoir qui permet de faire ce que l’on veut de l’autre. L’autorité,  c’est conduire quelqu’un vers ce qu’il doit vivre, le conduire vers sa finalité, vers ce pourquoi il est fait.

Brigitte Jacquelin  -  Médiateur
                                           ********** 9 juin 2015