Pas si simple


Beaucoup d’enfants d’aujourd’hui ne vont pas très bien. Il leur manque une « colonne vertébrale », celle du goût de la vie, du sens de la vie. Et si c’étaient les adultes en difficultés qui par leurs carences ou leurs incohérences bloquaient le processus éducatif des enfants, de l’âge le plus tendre jusqu’aux portes de l’âge adulte ?

Ce n’est pourtant pas la bonne volonté qui manque aux parents, ni l’amour, dans la plupart des cas. Alors, qu’est-ce qu’ils n’ont pas ces enfants pour grandir harmonieusement ? Peut-être tout simplement qu’on prenne le temps de les éduquer.

Une interview de Sophie Marceau, actrice française préférée de nos contemporains contient peut-être un début de réponse. Il y a quelques temps elle confiait : «  Tous les jours ma fille me dit : « Tu viens me chercher à l’école, maman ? » Je lui réponds : « Juliette, je t’emmène le matin et j’en suis heureuse, mais je ne peux pas venir à 16 heures, je travaille. » « Ah !oui, j’avais oublié. Demain, tu pourras ? » Cela m’agace un peu conclut-elle en riant.

Les enfants sont capables de redemander sans se lasser ce dont ils rêvent. Ils veulent du temps pour eux, le temps de leur parent car ils le sentent bien que c’est à ce moment-là qu’ils apprennent la vie.  On peut penser que si on les laissait faire, ils en demanderaient toujours plus, du temps ! Pas d’inquiétude, la nature est bien faite et très vite leur soif de liberté se réveille et se heurte au désir d’être accompagné. Ce n’est pas pour rien que la notion d’indépendance et d’autonomie est inscrite au plus profond du cœur de l’homme. Bientôt c’est leur départ qui laissera un grand vide.

Trop ou trop peu, c’est toujours le problème. Qui choisit le temps donné, et en fonction de quoi ?
Ce qui est vrai pour les enfants l’est aussi pour le couple. Quel temps pour le conjoint, dans ces vies trépidantes ? En reste-t-il un peu pour lui, pour elle ?  La vie est longue et la question jamais définitivement résolue... Les semaines passent, les années aussi et l’équilibre acquis ne tient qu’un moment. Tout change très vite. Il faudrait sans cesse se reposer la question du temps donné et du temps reçu, mais qui en a le courage… et le temps ?

Brigitte Jacquelin - médiateur
                                                  *************** 10 mai 2015