"Le bonheur en famille" Pas de télévision oui mais…


Ne pas avoir la télévision chez nous a fait l’objet d’un choix mûrement réfléchi. D’un côté nous ne voulions pas marginaliser les enfants, ni les priver de bonnes émissions mais en sachant qu’à côté des bonnes il y en a beaucoup de mauvaises et que les enfants auraient un mal fou à choisir sans se disputer à longueur de temps. 

Je savais aussi que j’avais toutes les chances de ne pas arriver à gérer les horaires, en multipliant plus que nécessaire les autorisations « exceptionnelles » données pour leur faire plaisir. Et… on sait qu’il est difficile de revenir sur ce qui est perçu comme un avantage acquis ! Donc pour simplifier: pas de télévision.

Mais pas de télévision ne veut pas dire pas de téléviseur. Un jour, un peu avant Noël, nous voilà partis à Clermont-Ferrand, la grande ville pour aller acheter un écran. Nous avions décidé, mon mari et moi qu’une bonne alternative serait de proposer films et documentaires aux enfants. Nous faisons donc en plus l’acquisition de quelques DVD d’occasion et en route pour de nouvelles aventures. Des vraies aventures car tout ce qui est exceptionnel relève de l’inattendu et celles des films soigneusement choisis, bien sûr.
En attendant il fallait malgré tout régler un problème important : qui regarde quoi et quand. 
Tant qu’ils ont été petits, je réglais les émissions un peu selon mon bon plaisir et suivant le coucher des enfants. De toute manière les heures passées devant la télévision restaient assez rares. Plus tard il a fallu un peu s’organiser.
La famille se décompose ainsi : les trois grands, les petites filles et les deux petits. Partant du principe que plus on est grand plus on peut regarder la télévision longtemps et tard, j’avais établi quelques règles dont la plus importante : on ne peut regarder la télévision que lorsque l’on n’a pas classe le lendemain.
Cela simplifie bien les choses et les heures passées devant l’écran.
Ensuite, à partir de 6 heures et jusqu’au dîner les petits choisissaient leur film. Du dîner jusqu’à 8 heures et demi, c’etait l’émission des petites filles, puis jusqu’9 heures et demi, l’émission des grands.
Inutile de vous dire que la plupart du temps les films sont obligés de se transformer en feuilleton faute de temps pour les finir! Rien de tel pour apprendre la patience et susciter l’imagination.
L’avantage de ce système est que le choix ne concernant à chaque fois que deux ou trois enfants, il se fait assez tranquillement. D’autre part, les grands qui peuvent regarder toutes les émissions ne se sentent pas en manque mais peuvent faire autre chose si cela ne les intéresse pas…
Cela a marché assez longtemps, mais maintenant qu’ils sont presque tous grands, quand ils rentrent à la maison pour choisir un film, c’est la pagaille noire, au milieu des cris et des éclats de rire. Ils y passent un temps fou, bien plus que le temps pour regarder le film. Il n’y a rien à faire, cela recommence à chaque fois et je crois même que c’est un de leur grand plaisir !
B.Janilec