Etre parent c’est… un métier


Pendant des siècles, il a été admis qu’une mère s’occupe de ses enfants à temps plein. Elle avait des activités ménagères et souvent des activités artisanales ou agricoles et l’éducation passait par le regard des enfants sur le comportement de leur mère dans ces tâches.
Aujourd’hui les activités sont séparées et l’éducation ne peut plus seulement se faire par le regard et l’imitation car tout est fractionné dans le temps. La maison, l’école, et le lieu de travail des parents sont des mondes à part et presque sans communication.

On vivait autrefois plus près de la nature : la soumission des hommes au rythme des saisons, les travaux familiaux ou agricoles, avaient par eux-mêmes une valeur éducative. La plupart s’effectuaient en groupe, toutes générations confondues et étaient autant d’occasion d’apprendre les bons gestes et à se comporter avec les autres, parce que travailler ou se distraire ne se faisaient jamais seul.
Le mode de vie citadin en s’imposant à tous et les aides techniques que sont les diverses machines, nous ont rendus moins dépendants les uns des autres et moins solidaires. Les petits gestes de solidarité élémentaires comme fendre du bois, porter à deux un panier de linge mouillé, ou plier les gros draps de toile, nos enfants modernes n’ont plus l’occasion de les apprendre puisque toutes les tâches de la maison peuvent être effectuées par une seule personne. De même que les fratries moins nombreuses n’apprennent plus à partager puisqu’il y a suffisamment pour tous.

Du coup, notre mode de vie nous oblige bien plus qu’autrefois à réfléchir à notre tâche éducative parce que nos gestes quotidiens n’y suffisent plus. Ce qui se faisait naturellement autrefois a besoin d’être remplacé par une éducation plus élaborée. Un certain apprentissage est nécessaire, non pour devenir savants, mais au contraire pour retrouver le naturel au travers de situations qui ne le sont plus.


En voyant les enfants de 2015 en les écoutant ou en écoutant leurs parents ou n’importe quel adulte, il est facile de voir qu’on ne peut plus espérer que la transmission de la vie en société et même de la construction de chaque enfant se fera sans une prise de conscience et une prise en charge de ce qui paraissait avant être du domaine de la transmission naturelle.
Brigitte Jacquelin  -  médiateur

                                                       ********************** 30 mai 2015