Questions d’Emilie


« Pensez-vous qu'on ait tendance à être plus mère poule, en étant au foyer au risque de couper les liens entre les autres enfants ?
Et d’après vous cela peut-il avoir un impact sur les relations des enfants avec le monde ? 
Est ce mal de vouloir protéger ses enfants? » 

Soyons tout de suite rassurée : on n’est pas plus « mère poule » au mauvais sens du terme, lorsque l’on est au foyer que lorsque l’on en est absent. C’est plutôt le contraire.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que les personnes qui ne voient pas beaucoup leurs enfants et  qui n’ont pas le loisir de s’en occuper elles-mêmes ont tendance à ne pas les lâcher d’une semelle quand elles sont avec eux.

Je m’explique :
Il ne faut pas généraliser complètement, mais en abdiquant leur éducation lorsqu’ils sont petits, les mamans  se privent de leur présence et de la connaissance qui en découle. Il manque les souvenirs et l’expérience acquise au jour le jour. Cela donne souvent deux résultats :

                  1)     Que ce soient les enfants ou les parents, le manque, le sentiment de frustration voire le remord sont tels qu’ils ne peuvent supporter de se trouver loin les uns des autres, balayant au passage toute intimité pour les parents, et toute organisation (repas, coucher, rites…) pour les enfants. Ce qui donne très facilement des parents déconnectés entre eux et des enfants déstructurés.

          2)     Les repères n’ont pas été donnés. La connaissance et la confiance n’ont pas grandi en même temps que l’enfant, et l’on retrouve les mamans pendues au téléphone pour savoir ce que font leurs enfants et où ils sont… sans se rendre compte que leurs enfants apprennent ainsi à leur mentir pour avoir la paix. D’un téléphone portable, vous pouvez bien dire ce que vous voulez ! Personne n’ira vous contredire.

 Au contraire, lorsque vous vivez avec vos enfants, que vous les éduquez, que vous leur apprenez tout ce qui vous semble utile et important, vous leur donnez au fur et à mesure qu’ils grandissent, la liberté à laquelle ils peuvent se confronter : ni trop, ni trop peu. Cela se fait en tâtonnant, bien sûr et c’est toute l’importance de votre présence.

Demain je vous parle des risques de couper les liens avec les autres enfants.
Brigitte Jacquelin

                                                      *********************************** 22avril 2015