Mère au Foyer - Choisir de rester à la maison de A. Bersot (suite)


1-Faire le choix :
Le choix n'est pas facile à faire. Il n'est malheureusement pas donné à toutes les femmes de pouvoir faire ce choix : certaines femmes doivent gérer des situations familiales chaotiques et doivent gagner le pain de la famille. C'est déjà une grâce, de pouvoir se poser la question de rester à la maison ou non. Mais pour toutes celles qui se la posent, qui ont envie de le faire, ou se sentent partagées devant tous les arguments pour et contre, voici quelques pistes. 
a) « Financièrement, on n'y arrivera pas »:
S'arrêter de travailler à l'extérieur pour élever ses enfants peut sembler une folie financière à certaines familles. Mais faites bien vos comptes : les entrées financières et les dépenses changent. Une fois que vous avez déduit de votre salaire les frais de garde du ou des enfants, les impôts, les frais de transport (il faut souvent un deuxième véhicule pour aller travailler), les vêtements (on dépense plus en habits, car il faut bien présenter, et varier les tenues), le coiffeur (plus souvent), les plats tout préparés (quand on travaille dehors, on n'a pas le temps de faire soi-même des pizzas, des biscuits, des lasagnes, des yaourts etc, tout coûte plus cher, on achète des petits pots, plutôt que de faire soi-même les purées). On a moins l'occasion de traquer les aubaines. Dans certains pays comme la France, il y a des aides importantes pour les femmes qui restent à la maison (allocations familiales, congé parental payé, allocations logement etc). Si l'aspect financier vous bloque, mettez tout à plat, et faites bien vos comptes, il y aura un sacrifice financier, mais peut-être pas si grand que vous ne le pensiez.

De toute façon, il faut être réaliste, il est certain que de rester à la maison va entraîner des choix financiers parfois douloureux, mais il faut tout mettre dans la balance : que veut-on vraiment ? Quel est notre choix de vie? La femme qui reste à la maison élever ses enfants va devoir développer tout son potentiel de créativité pour économiser de tous les côtés et gérer le quotidien.
Personnellement, quand j'ai fait le choix de rester à la maison élever mes enfants, si j'avais raisonné financièrement, je ne l'aurais jamais fait. Mais nous l'avons fait et nous n'avons jamais regretté. Pour ceux qui hésitent à le faire car « ce n'est pas raisonnable », leur hésitation est tout à fait respectable. Il faut tout mettre dans la balance et prendre la décision en toute sagesse.
b) Rester à la maison c'est « sclérosant » :
J'ai souvent entendu cette phrase empreinte d'un peu de dégoût. Certaines femmes vont dire qu'elles se sont épanouies à la maison, que c'était merveilleux, qu'être maman est le plus beau des métiers. C'est vrai, et ça restera toujours d'une valeur inestimable de s'occuper de sa famille, mais il faut être réaliste et honnête : rester à la maison, c'est l'idéal pour les enfants et le mari, mais pour la maman, ce n'est pas tous les jours particulièrement folichon. C'est avant tout un don de soi, un vrai sacrifice, même si ce sacrifice est adouci par les joies de voir les enfants grandir, faire des progrès, bien travailler à l'école. Le travail de maman à la maison est très ingrat : elle travaille beaucoup, sans aucune reconnaissance, les enfants et le mari s'habituent vite au « luxe » d'avoir une maman qui gère tout et anticipe leurs besoins. Dans une maison, on n'a jamais fini, il n'y a pas d'heure de fermeture des bureaux, après une journée épuisante de couche-culottes, petits pots, ménage, commissions, repassage, on croit avoir fini en s'effondrant sur le sofa à 21heures, mais à peine assise, il y en a un qui se relève avec l'envie de vomir, un pipi culotte, ou une otite. Il n'y a pas de « break » avec les collègues de bureau autour d'un sandwich, pas de conversation d'adulte enrichissante sur l'économie ou la politique, pas de salaire qui tombe ni de prime « pour bons et loyaux services » juste des areuh, areuh, gouzi gouzi qui stimulent peu les neurones et usent les nerfs.
….. à Suivre.      Demain : Les défis à relever  -  Anne Bersot
                                                             9 avril 2015
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