La toilette des bébés


Les aînés sont tous à l’école, et je viens de conduire notre petit garçon à la halte-garderie comme il me le réclamait. Il ne reste plus à la maison que Pitou, notre bébé et je me réjouis de la retrouver. Elle sait très bien que le matin je commence par m’occuper des grands tout le temps qu’il faut et qu’après  j’aurai du temps pour elle. Mais là, toutes les deux on en profitera bien!

Tout doucement j’ouvre la porte. Dans le coin de la chambre, j’aperçois le berceau genre Moïse sur roues, acheté dans une brocante pour notre petite dernière et que j’ai bien arrangé. Dans ce très joli berceau au milieu des draps brodés, deux petites mains s’agitent et deux pieds pédalent à toute vitesse. Les gazouillis s’accélèrent. Pitou ne m’a pas encore vue, mais elle m’a entendue.

Elle me connaît déjà par cœur, et sait que je mets toujours du temps à apparaître : j’aime beaucoup sentir son excitation et sa joie monter avant le bon moment qu’on va passer ensemble. Lorsque nos regards se croisent, nos deux visages s’illuminent et je la prends dans mes bras. « Mon bébé, tu sais je n’ai pas encore choisi tes habits, il va falloir que tu sois la plus belle. » En fait je l’habille toujours pareil : body, chemise, brassière en laine, barboteuse et chaussons. Mais tout est dans les choix des couleurs, il faut les assortir avec le ciel et l’humeur du jour.

Il fait bien doux aujourd’hui, pas de risque qu'elle attrape froid ; on va pouvoir jouer pendant que je la déshabille. « Où il est le pied, où elle est la main, à qui est cette très mignonne petite oreille… » Pitou écoute tout, regarde tout, retient tout et éclate de rire. Comme ses grands frères et sœurs. Ce moment du bain est magique. Je la plonge dans le lavabo où elle se tortille de plaisir. Le savon des bébés sent vraiment bon.
Ensuite c’est le moment que je préfère, je l’enveloppe dans une grande serviette et on ne voit plus que sa petite tête de bébé qui dépasse. Je ne sais pas pourquoi, mais à ce moment-là mes enfants me font toujours penser au petit Jésus de la crèche. Il devait être comme ça, tout pareil, bien lavé, bien rose et éclatant de bonheur. Je me plante devant la glace et nous nous regardons toutes les deux. Je montre du doigt : « Maman, Pitou, on est bien, hein ! je vais t’habiller et puis après on ira chercher ton grand frère à la garderie, d’accord ?... et puis après  tous les autres vont rentrer de classe. Ça va être bien , hein ? » 
Pitou me regarde en souriant, puis éclate de rire, Oui, elle est d’accord. Le programme lui plait. La journée commence bien !

B.Janilec "le bonheur en famille"