« Est ce mal de vouloir protéger ses enfants? » 3ème question d’Emilie.*


Bien sûr que non, il est même très bien et complètement du rôle des parents de vouloir et de réussir à protéger leurs enfants.
Le tout est de le faire avec discernement. On en revient toujours au : « ni trop peu, ni pas assez. »
Mais tout d’abord, déculpabilisons-nous. A moins d’excès tout à fait regrettables, protéger ses enfants jusqu’à ce qu’ils soient capables d’affronter les situations devrait être la norme. C’est en général ceux qui veulent prouver qu’ils ont raison et que nous avons tort qui nous assènent ce genre de réflexions : « vous couvez trop vos enfants, vous les empêchez de vivre » et toute cette sorte de chose. Ces gens « bien intentionnés » sont souvent ceux qui pour une raison ou une autre n’ont pas fait ou ne font pas le même choix et veulent se dédouaner.

Que constatons-nous ? Beaucoup d’enfants sont malheureux aujourd’hui : malheureux de ne pas avoir été préparés à la vie, malheureux de ne pas avoir les codes et de ne pouvoir faire face. Sous prétexte de ne pas « trop » les protéger et en fait pour régler un problème de garde, d’absence à la maison ou autre, on laisse les enfants, très jeunes se débrouiller tout seul, et pendant des années.

En fait, ils ne peuvent se débrouiller encore car ils ne sont pas construits et au lieu de faire face, ils coulent.

L’enfant doit apprendre, comprendre et commencer à digérer tout cela, pour pouvoir affronter toutes sortes de situations. Il lui faut des références, des exemples, des modes d’emploi. Qui mieux que les parents, que la maman peut donner au jour le jour tout le bagage nécessaire avec amour bienveillance et… surveillance ?

Etre au foyer et s’occuper de ses enfants ne veux pas dire les tenir confinés dans de la ouate, cela veut dire les ouvrir sur le monde, sur la vie, sur les dangers en leur autorisant le maximum de liberté, toujours avec bienveillance pour pouvoir les lancer plus loin ou les rattraper s’ils risquent de tomber… Jusqu’à ce qu’ils soient capable par eux même de faire le bien.
Cela vaut physiquement, moralement, intellectuellement et je dirai aussi spirituellement comme nous pouvons le voir aujourd’hui. Le vide que vous n’avez pas appris à vos enfants à bien remplir, ils l'occuperont toujours en suivant d’autres personnes plus ou moins fiables et saines.

L’enfant voudra toujours compenser ce qu’il n’a pas reçu, remplir le vide qui n’a pas été comblé.

Protéger les enfants cela ne veut pas dire les sortir du monde, cela veut dire choisir où ils vont mettre les pieds, en les épaulant s’ils doivent  se risquer dans des lieux difficiles.

Brigitte Jacquelin – médiateur
* voir les réponses au deux premières questions;
http://faef.blogspot.fr/2015/04/questions-demilie.html
http://faef.blogspot.fr/2015/04/pensez-vous-quon-ait-tendance-etre-plus

                                                   .**************** 26 avril 2015