Le mariage fait diminuer la criminalité, la cohabitation, non


Les gens mariés commettent moins de délits et ont un comportement plus responsable que les autres, les sociologues le savaient depuis longtemps. Mais alors que le taux de nuptialité diminue de manière dramatique et continue dans les pays occidentaux, et que la cohabitation augmente en proportion, ce mode de vie à deux fait-il diminuer la criminalité de la même manière ? Les théoriciens aimeraient le croire. Mais les faits sont têtus, et la réponse est clairement : « Non. »

Une étude menée conjointement par l’université du Michigan et les universités d’Etat de Floride, de Pennsylvanie State et de Bowling Green démontre sans appel que le mariage continue de produire ses effets protecteurs pour les individus et pour la société, au contraire de la cohabitation, alors même que celle-ci progresse de manière inédite. L’étude porte sur les Etats-Unis, où les taux de cohabitation ont doublé depuis 1970 tandis que la date du premier mariage ne cesse de reculer.
Pour comparer les effets protecteurs par rapport à la criminalité du mariage et de la cohabitation les chercheurs ont analysé les données de près de 16.000 jeunes hommes et jeunes femmes entre 1976 et 2010. Pour le mariage, les données sont stables sur la période : dès leur mariage, les individus ont présenté un taux d’actes délictuels et criminels en baisse de 22% ; ils ont un risque diminué de 71% de s’adonner à la beuverie ; la fréquence de leur consommation de marijuana baisse de 32%.

Rien de tel chez les jeunes qui cohabitent. Sur l’ensemble de la période considérée, « la cohabitation n’est pas liée de manière significative à une baisse de la criminalité ». Le seul petit mieux associé à cet état de vie « à deux » est une diminution de la toxicomanie – et encore, en fonction du degré d’engagement des jeunes dans leur couple.
Les chercheurs ont bien été obligés de constater que la cohabitation n’apporte pas à la société les mêmes bienfaits que le mariage. « Si le mariage produit des effets sur le comportement antisocial en augmentant les responsabilités, en diminuant le temps consacré aux loisirs et à celui passé avec des amis, tout en modifiant les identités et les priorités, ce que nous avons constaté implique que la cohabitation ne produit pas tous ces effets, ou qu’à tout le moins elle ne le fait pas autant. »

Ils soulignent les « implications plus larges » de ces faits par rapport à « la persistance du comportement antisocial pendant une bonne part de la vie de jeune adulte ». Ou pour le dire de façon moins jargonnante : alors que les jeunes se marient de plus en plus tard, voire pas du tout, le comportement irresponsable de la période adolescente se prolonge lui aussi de plus en plus.


Merci Martine pour cet article.   mars 2015
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