« J'apporte ma pierre à l'édifice en cherchant à réconcilier les deux versants du féminisme. »


"C'est la thèse, mordante, défendue par Camille Froidevaux-Metterie dans son essai, La Révolution du féminin. Née en 1968, cette professeure de science politique à l'université de Reims Champagne-Ardenne, ancienne élève de l'historien Marcel Gauchet, veut mettre un grand coup de pied dans la fourmilière des études féministes.  (Télérama 02 03 2015)

Je retiendrai 4 points :

      1)      Il faut constater aujourd’hui que dans notre monde occidental on ne peut plus parler de domination masculine
« Il me semble obsolète désormais de continuer à parler de domination masculine dans la sphère occidentale. L'émancipation féminine a produit un séisme majeur : entre les années 70 et aujourd'hui, la condition des femmes a changé du tout au tout. Elles ont investi l'espace social et sont devenues des individus de droits, semblables à leurs homologues masculins. La ligne de séparation ancestrale entre une sphère privée féminine et une sphère publique masculine a progressivement disparu. »

      2)    Avec le libre choix de sa sexualité la femme a déserté son destin maternel en y perdant son corps
« Libre de ses choix et de sa sexualité, la femme n'est désormais plus réduite à sa seule nature procréatrice. Le problème, c'est qu'en se voyant affranchie de son destin maternel, la femme a aussi vu sa condition incarnée dévalorisée, comme si le processus de l'émancipation devait passer par un processus de désincarnation, comme si c'était le corps des femmes qui posait problème… »

       3)     On ne peut pas tout avoir et tout faire à la fois.
« Quand j'ai été recrutée à l'université Paris-II, j'étais enceinte de sept mois ; quand j'ai commencé à enseigner, mon fils n'avait que quelques semaines. A l'université, tout se passait comme si je n'avais pas de nourrisson qui me réveillait trois fois par nuit… Et à la maison, tout se passait comme si je n'avais pas de cours à préparer… J'ai vécu une immense déflagration lorsque j'ai pris conscience qu'être femme aujourd'hui, c'était cela : travailler, faire des enfants, et surtout ne pas en parler. Faire comme si c'était évident, alors que c'est la chose la plus compliquée du monde. »

       4)    La réalité de la nature et de la vie nous rattrape toujours
« Il faut aussi réfléchir au cas des femmes qui ont investi le monde en sacrifiant le versant privé de leur existence et qui, à la fin de la trentaine, expriment le désir d'avoir un enfant, mais n'y parviennent pas pour une raison ou une autre (absence de partenaire, difficultés médicales, etc.). Elles éprouvent souvent une souffrance, une forme de sidération, et ne comprennent pas toujours bien ce qui s'est passé dans leur vie, alors qu'elles étaient censées pouvoir décider de tout et assumer librement leurs choix. »

Merci Martine, de m'avoir transmis cette étude.             1 mars 215