N’oubliez pas le petit dernier !


Vous allez sûrement être étonnés que je m’inquiète de ce petit bonhomme ou de cette petite bonne femme qui clôt la famille.
Les petits derniers sont souvent bien dégourdis et très choyés, tout simplement parce qu’ils ont des frères et sœurs aînés qui leur apportent une affection différente et complémentaire à celle des parents et parce qu’ils n’ont qu’à regarder ce qui se passe en famille autour d’eux pour engranger une somme considérable d’informations, de comportements.... Et les parents qui ont acquis de l’expérience dans leur rôle de parents peuvent plus tranquillement faire la part des choses en ce qui concerne l’éducation de leurs enfants.
Et ça c’est bien.
Par contre, ce qui est plus dangereux c’est de croire que tout est acquis pour les plus jeunes parce que le message a été donné aux aînés. L’adage « tout ce qui va sans dire va encore mieux en le disant » reste valable. Il y a une différence entre ce que l’enfant a vu et compris et ce qui est dit. S’il n’a pas entendu les règles et les consignes, il peut toujours croire que les données ont changé pour lui et qu’il peut s’affranchir des règles non dites même si elles l’étaient pour les aînés.
A mon avis avec les enfants les plus jeunes il faut éviter trois principaux écueils :
D’abord croire que ce qui a été dit pour les uns n’a pas besoin d’être répété pour les autres et réagir contre une certaine lassitude, fatigue ou un détachement qui ne prend plus la peine d’éduquer les derniers avec autant d’amour et de responsabilité que les aînés.
Le deuxième étant de quitter trop tôt la maison pour reprendre un travail ou un engagement quel qu’il soit et laisser le ou les plus jeunes seuls à la maison. II ne faut jamais oublier qu’ils méritent comme leurs frères et sœurs plus âgés le même accueil à la sortie de l’école, la même présence le soir et bien sûr la même disponibilité le week-end.
Le dernier point étant que chaque enfant est très différent des autres et que vous ne les connaîtrez tous profondément que si vous prenez le temps nécessaire pour chacun et à chaque moment de sa croissance. J’insisterai tout particulièrement au moment de l’adolescence où malgré tout l’amour mutuel qui peut exister entre vous, votre enfant n’a pas fini sa croissance et son éducation et peut donner la place que vous avez laissée vide à … n’importe qui. J’ai souvent entendu des parents dire « je lui fais confiance ». Le problème c’est que si l’enfant n’a pas les données du problème ni l’enjeu qui en découle, il ne sait pas ce que recouvre cette confiance et quel est en le but .
Si vous gardez dans l’idée que chacun de vos enfants mérite la même attention et la même disponibilité, vous serez certainement étonnée du bonheur qui vous sera rendu et des problèmes et complications que vous aurez évités. Vous les verrez souvent chez ceux qui n’auront pas eu cette même volonté d’attendre encore quelques années pour reprendre votre « liberté de parents libres des charges parentales »
Ouvrez les pages de n’importe quel quotidien. Vous y verrez tous les témoignages que cette génération d’enfants laissée sans tuteurs, presque abandonnée des parents n’en peut plus du vide qui les entoure et se précipite vers le djihad, le suicide ou une vie incontrôlée et toujours plus malheureuse.
Brigitte Jacquelin  -  25 février 2015