Mon coup de gueule: Superwoman ? Trop c’est trop !


Marie Noël Florant est conseillère conjugale, voici ce qu’elle écrit : Léa mariée depuis treize ans à Martial, occupe un poste à responsabilité au sein d’une grande entreprise. Ils ont quatre enfants de 2 à 12 ans, et elle se trouve au bord du burn-out : « je suis toujours fatiguée physiquement et d’une réactivité émotionnelle que je ne contrôle plus. J’ai l’impression de tout faire à moitié. Je sens bien que mon patron me souhaiterait plus disponible, que mon  mari a le sentiment d’être marié à un courant d’air, et que mes enfants ne trouvent pas toujours leur maman à l’écoute. Je ne me sens pas à la hauteur de toutes ces attentes. »

M.N Florent conseille d’aller se faire aider par le mari (qui voudrait sa femme un peu plus avec lui et pas changer plus de couches), par les parents, par les collègues… comme si ces personnes-là avaient elles-mêmes le temps d’en faire plus ou de s’occuper des affaires des autres et comme si ce rôle ne lui revenait pas en propre. Les responsabilités qu’elle a, c’est elle qui les a voulues non ?
Elle conseille aussi de prendre du temps pour décompresser : promenade, lecture, écoute d’une musique appréciée… Je rêve, elle le trouve où le temps, Léa ? elle laisse encore ses enfants en plan ?

« Ce lâcher-prise, dans cette course qui parfois s’affole aidera à remettre chaque chose à sa place, et la vie conjugale s’en trouvera de facto simplifiée. » continue la conseillère conjugale. Elle est gentille Madame Florent mais comment lâcher prise quand tout se bouscule, tout fiche le camp, qu’on n’a plus d’énergie et qu’on le sait et qu'avec raison tout le monde compte sur vous. Je rajouterai avec un peu d’ironie et en allant jusqu’au bout du tableau, que si la dite Léa continue comme ça, non seulement elle va faire son burn out, mais son mari va aller voir une femme plus reposante et que ses enfants qui vont avoir beaucoup de mal à grandir tout seuls, risquent de lui causer bien du souci. Quant au travail mal fait par des personnes qui manquent de temps, de disponibilité ou de concentration vous en êtes certainement comme moi, exaspérées.

«  Il y a un temps pour tout, un temps pour chaque chose sous le soleil » (Qo 1) termine Mme Florant avec satisfaction. Oui elle a raison, mais elle n’a rien réglé. Il faut qu’elle aille jusqu’au bout de son raisonnement  et qu’elle ose dire comme nous : Nous avons la perspective de vivre 80 ans, le temps de tout faire et de tout faire bien…mais  successivement.
Nous les femmes, prenons le temps d’étudier, puis de travailler, puis de fonder une famille et d’avoir des enfants en cessant momentanément de travailler si on voit que tout mener de front est impossible et risque de casser conjoint, enfants et nous-même. Profitons du temps qui nous sera alors donné pour nous ouvrir à toutes les opportunités de découvrir ce qui nous entoure puis reprenons ensuite un travail lorsque le moment est venu. Allez, on le lâche le gros mot qui fâche : prenons le temps d’être femme au foyer s’il le faut et quand il le faut !

On va me dire « et l’argent » mais quel argent aurez-vous si vous perdez votre travail pour incompétence due au stress à la fatigue ou au manque de temps, quel argent gagnerez-vous si votre conjoint vous quitte et avez-vous pensé à ce que vous aurez à dépenser si vos enfants mal dans leur peau commencent à prendre des chemins de  traverses qui les sortiront du monde des études ou de la bonne santé.

OUI, personne n’est à l’abri des coups durs, je sais, mais vous avez quand même plus de chances de les anticiper si vous avez et prenez le temps de faire bien les choses !
Brigitte Jacquelin   -  22 février 2015
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