Le bonheur en famille - B. Janilec


Il neige, il neige !
Les enfants ont le nez collé contre la vitre. Depuis que nous sommes revenus en Auvergne, ils ont l’habitude du froid et de la neige, mais c’est à chaque fois une grande joie. Le jardin est tout blanc. Ils regardent par la fenêtre leur papa qui dégage la voiture et avec un grand sourire leur envoie une grosse boule de neige dans les carreaux. L’excitation monte. On est mercredi, il n’y a pas classe, ils vont pouvoir jouer toute la journée dans la neige.
Pour moi, première chose réchauffer la maison. Je me dirige vers le salon et lance un bon feu dans la cheminé. Rien que de le voir on se sent tout ragaillardi. Il vaut mieux car notre maison est grande et vieille et les courants d’air glacés arrivent de partout. Les enfants n’en ont rien à faire. Ils sont couverts comme des oignons et n’attendent qu’une chose : aller jouer dehors. Je vérifie les gants, les bonnets et les écharpes et regarde la volée de moineaux s’envoler dans le jardin.
Le déjeuner est animé les aînés commencent à parler luge et ski. Bien sûr, même sans aller jusqu’à Super Besse la station de ski la plus proche, il y a des champs en pente où ils pourraient s’amuser avec les amis. Mais l’organisation est très compliquée. Les deux plus jeunes ont vraiment besoin de faire la sieste et lorsqu’ils se réveilleront le soleil sera déjà bas sur l’horizon. Il faudrait trouver autre chose. Ils ont déjà essayé de glisser dans le jardin, mais aussi bien en luge qu’avec leurs petits skis, la pente du jardin n’est pas assez forte pour glisser vraiment et ils reviennent assez vite épuisés et pas vraiment enthousiasmés. Je sens que les revendications vont se faire pressantes pour rejoindre les amis ce qui ne m’arrange pas du tout.

Il continue à neiger et cela commence à faire une bonne couche. Devant la porte d’entrée, nous avons une terrasse arrondie d’où partent deux grands escaliers, l’un à droite, l’autre à gauche. Ils sont déjà blancs, il va falloir que je les dégage et que je mette du sel avant que quelqu’un ne tombe et se fasse mal… Et soudain, l’idée : puisque ça glisse il faut que j’en tire parti.  Sitôt dit, sitôt fait, j’appelle les enfants et leur propose mon plan : enlever toute la neige de l’escalier de droite et la mettre sur l’escalier de gauche. A droite ce sera la piste de ski, et à gauche l’escalier de remontée. L’idée les enthousiasme.
Les voilà partis avec les pelles et les luges qui servent de bennes de transport. L’entreprise est rude, la fatigue monte et le goûter est le bienvenue  mais ça va marcher.  La première descente est un peu angoissante, c’est quand même raide. L’aîné des garçons s’élance en hurlant de joie et les plus jeunes trépignent.
Tout va bien, il est bien parti, bien arrivé et le voilà déjà qui remonte un sourire jusqu’aux oreilles. Allez, j’ai de la chance ! même si l’hiver est froid et dure longtemps, je ne vais pas avoir la soupe à la grimace. Ils vont pouvoir inviter leurs amis et s’amuser comme des fous…. Dans le jardin !
… à suivre