Et après, tu comptes faire quoi?


Le coup de gueule de tante Poppy (voir son blog)
Lorsqu'on demande à une femme au foyer ce qu'elle fait, sa réponse appelle généralement une autre question : "Et après? Tu comptes faire quoi?".
Point d'interrogation redouté qui reste souvent sans vraie réponse. On répond qu'on ne sait pas encore (même si une idée trotte bien dans notre tête), qu'on a encore le temps d'y réfléchir, qu'on verra avec notre ancienne boîte. Mais la réalité est en fait beaucoup moins floue que ces réponses évasives.(…)
Comme elle (moi, tante Poppy NDLR) a de la ressource, elle avait déjà commencé à réfléchir à ce fameux après. Elle avait songé à exercer son activité de service directement de chez elle, mais la taxe foncière professionnelle et la nécessité de dire au revoir à la sécu de son mari pour en avoir une d'indépendant (obligatoire) à 3000€ par an lui a direct fait revoir ses ambitions à la baisse.
Un peu comme sa voisine, dont les doigts de fée créent des merveilles qu'elle vend modestement sur internet, et dont elle aimerait faire un petit commerce.
"_IMPÔTS/TAXE/STATUT/CHARGES PATRONALES" lui crie alors la Chambre du Commerce et de l'Industrie.
_Mais je suis à peine rentable (bredouille la pauvrette), je couvre tout juste mes frais matériels!
_ Rien à foutre! Fais comme tout le monde, va faire un stage pourri chez pôle emploi et reviens nous voir quand tu auras 20000€ à mettre dans ton projet, ou quand tu l'auras abandonné!"            
Et bien sûr ces fameux stages, on en parle! Si si j'y tiens! Base d'informatique, base d'anglais, base de CV... Tout est "de base" et fait pour attendre. Attendre quoi? Attendre qui? Le découragement, l'abandon, l'intérim? Quelle belles perspectives d'avenir, et comme elles donnent envie de sortir de chez soi!

Voilà mon coup de gueule du jour.
Des incohérences partout, des reproches infondés (de gens jaloux ou qui ne comprennent pas), et une société ingrate et décourageante. Je suis atterrée par l'énergie mise en œuvre pour étouffer dans l'œuf la bonne volonté et l'envie de travailler des gens.
Combien de démarches, de frais cachés, de taxes et d'impôts avant même la fierté d'avoir gagné son premier centime?
Toutes ses idées mises à la poubelle pour une tranche d'imposition dépassée, une sécu et une mutuelle trop lourde ! (pour un salaire qui couvre à peine le tout petit matériel investit).
17 février 2015                              **********************