Les adolescents aussi sont vulnérables. Voici quelques pistes pour leur parler.

Attentat à Charlie Hebdo : comment en parler aux ados 
Au 3e jour du cauchemar, aucun petit Français de plus de 3 ans n'ignore que quelque chose de très grave se passe. Et c'est vraiment le moment de faire attention à eux. Aux petits, comme aux plus grands.
"Avant de parler aux enfants, veillez à digérer vous-même l'information, conseille toutefois la psychologue Syrine Slim. Il faut d'abord tenter de prendre un peu de recul sur ce que vous ressentez face à ce tragique événement."
Ensuite, l'important est de ne pas éviter le sujet : accompagnez-les face à l'actualité. Car au collège ou au lycée, que ce soit avec leurs enseignants ou avec leurs camarades, vos enfants vont "parler de ce qui s'est passé", souligne la psychanalyste Claude Halmos  "Le sujet ne doit donc pas être tabou", notamment parce que "les plus jeunes peuvent fantasmer sur des événements qui n'ont rien à voir avec cette tragédie".
 « Si vos enfants vous posent des questions, c'est bon signe », estime Aurélie Crétin, psychologue. « S'ils ne vous en posent pas, alors il faut aller au-devant d'eux. Leur proposer un temps pour parler de tout ça. » Car les mots ont absolument besoin d'atténuer, d'expliquer, de faire sortir les images qui se sont formées dans leur tête.  Les enfants ont peut-être vu beaucoup de choses à la télévision, mais ils s'en imaginent aussi beaucoup.

S'ils ont vu des vidéos choquantes ? C'est le cas d'un nombre impressionnant d'ados qui vivent rivés aux réseaux sociaux et débusquent la moindre rumeur, le moindre contenu non censuré. Parfois, les plus jeunes sont derrière l'épaule des grands, les vidéos passent de main en main sur les smartphones. On grimace, on ferme les yeux... mais on enregistre.
« Ça vaut le coup de demander aux plus grands s'ils ont vu des images choquantes, assure Aurélie Crétin. Ils ont aussi besoin d'en parler, de comprendre pourquoi les médias responsables ne les diffusent pas : pour ne pas manquer de respect aux morts, choquer leurs proches, valider les actes des terroristes qui cherchent la publicité... » La bonne nouvelle, c'est que les ados sont demandeurs d'échanges. La mauvaise, c'est qu'ils sont vite excessifs dans leurs prises de position. « Il faut saluer leur empathie, leur colère, leur dire : je comprends, mais leur rappeler l'essentiel. On peut défendre des valeurs sans agresser les autres. »
S’il ne réagit pas ? Devant ces scènes, l’enfant ne manifeste parfois aucun signe de rejet ou de crainte… Celles-ci ne l’auraient donc pas atteint ? Bien sûr que si. Les enfants et certains adolescents sont particulièrement réceptifs à une image ou à un événement fort, même s’ils ne réagissent pas. L’image impressionnante peut resurgir plus tard et provoquer des craintes à d’autres moments de la journée (par exemple à l’endormissement ou dans ses rêves).
                                               ****************************