Le bonheur en famille

Bizzzzzzzz  Edith

Pour remercier cette adhérente de Bretagne j’ai puisé dans les quelques 400 chroniques radio du « Bonheur en famille » qui m'ont été confiées par Brigitte Janilec.
Petit rappel : ses enfants se sont tous vus attribuer en mascotte un des « petits amis de Caroline » dessiné par Pierre Probst.


Faire de la bicyclette si on a le bonheur d’avoir un grand jardin, c’est idéal. Mais quand les enfants grandissent le jardin qui avait pu leur paraître immense prend soudain des proportions nettement insuffisantes et avec la dextérité peut venir l’ennui, sauf si vous avez de l’imagination… Sur 7 enfants vous pouvez être sûr qu’il y en aura toujours un qui en aura suffisamment pour inventer quelque chose et tant mieux car sinon ils risqueraient de s’ennuyer. Chez nous pas de problèmes, je ne crois pas les avoir entendus jamais se plaindre de cette sorte de chose.

La maison est bâtie au milieu d’un jardin assez en pente et si à droite c’est un escalier qui permet de  passer de devant à derrière, à gauche c’est un petit chemin bien raide qui conduit à l’arrière de la maison. Jusqu’à présent le dénivelé leur suffisait  mais plus du tout en rentrant des vacances de Pâques où le terrain de jeux était bien plus grand. Puisque les tours dans le jardin commencent à leur paraître trop courts, ils ont décidé de corser un peu le circuit : ils ont commencé par rajouter une planche posée perpendiculairement sur une branche. La première émotion passée lors du basculement, ils ont changé la branche et mis un rondin, petit d’abord puis de plus en plus gros. Je les voyais passer à la queue leu leu, du plus grand au plus petit à l’exception de Youpi et Pitou les deux plus jeunes qui les suivaient à tricycle ou sur un petit camion. Je crois que nos deux bouts de chou se seraient bien laissés tenter mais les grands ont dit non. 

Lorsqu’ils ont eu l’impression d’avoir épuisé les atouts de cette espèce de balançoire, ils ont trouvé autre chose et le même matériel a servi à faire un tremplin, pas très haut d’abord puis de plus en plus efficace.  Quand ils ont commencé à être à l’aise, ils ont envisagé de prendre de l’élan en déboulant du petit chemin en pente et le tremplin s’est transformé en véritable piste d’envol. Du coin de l’œil je les surveille. Je ne leur donne que peu de consignes mais l’une est impérative : il ne faut pas qu’ils se fassent mal. Ils savent que je ne suis pas du tout vaillante devant une blessure et que s’ils prennent trop de risques, je vais finir par tout interdire. 
Et l’incroyable c’est qu’ils s’auto régulent assez parfaitement. En général les grands testent, améliorent et s’ils ne sentent pas de dangers autorisent certains des plus jeunes à se lancer. Tout n’est pas gagné d’avance et les petits savent que tant qu’ils n’auront pas l’autorisation des grands, il n’est pas question de passer outre. Mais quand le feu vert est donné, quelle bonheur pour eux de participer, ils font le maximum pour ne pas faillir et en général avec succès.
Les petits sont en admirations devant les grands qui inventent, améliorent et gèrent les jeux, et quant aux grands ils sont assez fiers des plus jeunes qui bien souvent en remontrent à leurs amis.
Cela demande un minimum de surveillance mais vraiment, je crois que ces jeux dans le jardin les ont bien dégourdis et équilibrés autant du point de vue physique que sur le plan de la concentration ou de l’estime de soi car malgré tout, il faut les gérer ces difficultés, ces réussites et ces échecs… et ça parait être un bon apprentissage de la vie.

 B.Janilec 2010