Epiphanie et galette des rois

Nous sommes dimanche. Un peu de légèreté ne fera pas de mal après cette dure semaine que nous vivons. Je laisse la plume à B. Janilec et à son "bonheur en famille"*

Épiphanie  et galette des rois
Ce qu’il y a de bien avec Noël, c’est que cette grande fête commence longtemps avant Noël et se poursuit longtemps après. A la maison, du moment où la crèche est installée jusqu’au moment où elle est retirée, il y a une ambiance toute particulière. Car la fête continue avec l’arrivée des rois mages. Leurs santons viennent rejoindre la crèche, on rajoute leurs chants à la prière et on tire les rois. 
Chez nous on tire les rois jusqu’à fin janvier. Au début, on prend des galettes normales, et puis après on les prend plus petites car le vrai plaisir n’est pas tant de manger la galette que de tirer les rois. La galette, avec une mandarine c’est délicieux et cela fait un bon dessert. Ça c’est notre avis. Ce n’est pas celui de mon mari qui n’aime pas vraiment la frangipane et voit, tous les ans arriver cette tradition avec horreur… Car il n’y a plus d’autres gâteaux  à la maison, plus de tartes, plus rien. Que la galette des rois. 
Une année où nous avons tiré les rois plus que de coutume, il a failli se fâcher. Il a fallu trouver quelque chose. J’ai alors décidé que nous arrêterions de manger la galette quand tout le monde aurait eu la fève au moins une fois. En fait ça été un bon truc car chez nous la chance est très mal partagée. Et alors que nous n'arrivions pas à  éviter les drames déclenchés par ceux qui n’avaient jamais la fève. Là d’un coup, ils sont devenus les sauveurs de la galette. Et le dernier qui n’avait pas eu la fève finissait par espérer ne jamais l’avoir: s’il l’avait plus de galette pour l’année. 
Il y a eu une année terrible où, dans les 10 jours qui ont suivi l’épiphanie tous les membres présents, de la famille ont tiré la fève. On voyait déjà un sourire se dessiner sur la figure de mon mari tandis que les têtes s’allongeaient autour de la table. Mon mari pensait « ouf ! terminé pour cette année avec la frangipane » et les enfants se disaient « non, ce n’est pas possible, pas déjà. Il faut trouver quelque chose. » 
C’est Pipo qui a eu l’idée. Avec son grand sourire pétillant elle a regardé son papa, puis moi et elle nous a dit : « On peut pas dire que tout le monde a eu la fève: Boby il ne l’a pas peut-être pas eu!  Je vais lui écrire pour lui demander mais tant qu’on ne sait pas, on peut continuer, non ? »
 Moi, de toute manière j’aime tirer la galette des rois, donc je n’étais pas contre. Quant à moi mari, il ne pouvait que fondre devant notre fille, son grand sourire et sa petite tête toute bouclée… 
La réponse n’a pas tardé. Boby, d’Amérique où il finissait ses études n’avait pas eu la fève ! Je crois qu’il n’avait même pas tiré les rois. Il s’en plaignait d’ailleurs,  mais il a eu la bonne surprise de recevoir une couronne par la poste: Pipo l’avait choisi comme roi, elle lui devait bien ça. !!!!

* B. Janilec a tenu pendant 3 ans une chronique radio intitulé "le Bonheur en famille" où elle raconte les grands et les petits événements de sa famille.
Les 7 enfants ont chacun prit le nom d'un des petits amis de Caroline (l'histoire pour enfants dessinée par P. Probst). Dans l'ordre: Boum, Boby, Noiraud, Pouf, Pipo, Youpi et Pitou.
Le 10 janvier 2015
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