amour maternel, amour filial

Par où commencer ? 
Bien des gens m’étonnent, ou plutôt leurs actions m’étonnent, et encore plus leur manque de lucidité. Il me semble qu’il ne faut pas être grand clerc pour dévider le cours des choses, et se rendre compte que forcément il va falloir payer le prix de ce qu’on a initié. 
Je m’explique : Je viens de tomber sur un courrier des lecteurs trouvé dans une revue hebdomadaire grand public. Une maman qui n’a pas pu passer beaucoup de temps avec son fils durant toute sa vie d’enfant et d’adolescent, s’étonne et s’attriste de se voir repousser par celui qu’elle a engendré. A l’heure où point la vieillesse, où le travail a moins d’importance, ou la fatigue gagne, sans doute trouve-t-elle qu’il est temps de revenir vers la famille qui justement s’agrandit d’un petit enfant. 

Certes elle a cru bien faire et par le biais des études offertes et de l’argent donné elle a pensé montrer tout son amour à cet enfant. D’ailleurs n’est-ce pas ce que l’on nous rabâche depuis des années. « Femmes, faites vos choix pour être bien, pensez à vous d’abord, travaillez, ce n’est pas la quantité de temps que vous donnez  à vos enfants qui compte mais sa qualité. L'amour fera le reste.»

C’est très beau sur le papier, mais ça  ne tient pas souvent la route. On est loin de la réalité et les paroles de ce jeune homme nous le confirment. Enfant, ce qu’il voulait c’était sa maman, sa maman à lui, la seule qui comptait au milieu de toutes ces dames qui l’ont gardé et qui se sont occupées de lui. Bien sûr la qualité du temps que l’on donne est importante, mais ce n’est pas suffisant. L’éducation à la vie, l’éducation à aimer, à être responsable prend du temps. C’est une tâche de longue haleine aussi passionnante qu’épuisante il ne faut pas se fermer les yeux, mais la maman est la personne que l’enfant veut dans ce rôle, même si la maman n’est jamais parfaite car l’enfant se construit au moins autant de sa présence que de son enseignement.  

On ne reçoit pas l’amour maternel comme on claque des doigts, il se développe au contact  de l’enfant, chaque jour, d’épreuves en épreuves, de réussites en réussites, et pour ça il y a deux éléments incontournables qui marchent avec l’amour : le temps et la volonté. Le temps donné par ceux qui l’ont fait naître et à qui l’enfant est confié, et la volonté de faire des choix entre ceux qui vous rendent parents et ceux qui vous éloigneront de vos enfants.

Je ne dis pas que le fils a raison de repousser sa maman, oh, non ! bien sûr que non, mais comme l’amour maternel, l’amour filial pour exister doit se développer, petit à petit, chaque jour un peu plus.

Il faut le savoir, dans tout ce que nous faisons, il y a un prix à payer ou un cadeau à recevoir. 

L’homme est un être pensant, cela tombe bien il a les armes pour savoir quoi faire de sa liberté.

B. Jacquelin  -  20 janvier 2015