Noël et la cheminée

Brigitte Janilec est adhérente. Pendant 3 ans, du lundi au vendredi elle a tenu une chronique radio sur "le bonheur en famille" où elle racontait les aventures de sa famille au gré des naissances de leurs 7 enfants et des mutations de son mari. Chaque événement est l'objet d'un court récit toujours positif, amusant ou prenant.
Au milieu de la polémique du gouvernement au sujet des feux dans les cheminées et alors que Noël arrive à grand pas, petite pause:

Noël et les pieds de sapin
"En région parisienne, contrairement à ce que l’on pourrait croire nous avons eu une cheminée, ce qui n'a été le cas ni à Metz, ni à Colmar. C'est vraiment une des choses qui m’a le plus réjouie lorsque nous avons quitté la province et changé de maison. Mais avoir une cheminée ne suffit pas, encore faut-il avoir du bois. Ce n’est pas notre « jardin » qui aurait pu nous en fournir. Avec ses 40 m2, il a la taille d’une grande chambre et nous pouvons à peine y ranger les poubelles et les bicyclettes... Ce qui est déjà énorme pour la région parisienne! 
Donc, "quand l’hiver fut venu", comme dit la fable, je me suis mise en quête de bois. Dans ces villes, du bois on n’en vend que dans les stations services. Justement il y en a une près de chez nous. Mince de veine ! je m’y suis rendue pour découvrir qu’un minuscule sac de bois vaut une fortune et que même si notre cheminée est carrément petite, faire du feu devient vite un luxe inaccessible. ! Il y a bien des forêts tout près, mais y amener sa voiture et remplir le coffre est totalement interdit et prendre sous le bras quelques branches tombées, ne résout pas vraiment la question.  Des amis ou voisins, gentiment nous ont donné les bûches dont ils n’avaient pas besoin, mais tout cela n'allait pas chercher loin; par contre, au moment de Noël, de véritables forêts de sapins se sont mises à pousser sur les trottoirs de la ville en attendant d’être vendus…
Alors que le 25 décembre était passé depuis quelques jours, j'ai commencé à regarder avec convoitise le malheureux arbre de Noël qui avait atterri dans notre maison ! Tout le monde sait que brûler du sapin n’est pas bon car ce bois encrasse la cheminée, mais en brûler un peu ne serait pas la mort…et puis en y regardant de plus près, je me suis aperçue que la bûche fendue en deux et évidée pour planter le sapin, est rarement en pin mais plutôt en bouleau, quelquefois en châtaignier…et le nôtre était en chêne. Le rêve ! 
Notre sapin réduit en cendre, je me suis mise à fixer les autres sapins qui commençaient à retourner sur les trottoirs en attendant la benne à ordure. Un soir, n’y tenant plus, je suis partie dans notre rue avec les enfants et nous avons entrepris de récupérer les sapins qui s’y trouvaient.  Mon mari qui me connait bien, sait qu'en hiver, un simple feu dans la cheminé me donne un moral du tonnerre. Il a donc débité la plus grosse partie des troncs dans le jardin, et récupéré les socles. Après  nous avons remis ce qui restait des malheureux arbres dans la rue, ni vu ni connu et la benne a fait son office. 
Vous ne vous imaginez pas combien il y a de rues à Versailles et combien de sapins hantent les trottoirs, les nuits de janvier! 
Petit à petit, entre poubelles et bicyclettes un joli petit tas de bois a pris sa place, et chaque jour de l'hiver un bon feu a réchauffé notre maison. 
Ah vraiment, que l’hiver est sympathique quand un bon feu brûle dans la cheminée… !!! 
                                  Brigitte Janilec "Le bonheur en famille" Janvier 2009