«Les mesures annoncées par le gouvernement en matière de politique familiale sont-elles justes ? »




- Savez-vous que les enfants sont une richesse pour le pays ? Dès aujourd’hui ils stimulent l'emploi et la (sacro-sainte) consommation, demain ce sont eux qui feront marcher l'économie et paieront les retraites. Une démographie équilibrée favorise une situation économique saine. Les allemands et les japonais s'inquiètent d'ailleurs de la crise de leur natalité.
- Savez-vous qu’élever des enfants coûte cher à toutes les familles ? Le niveau de vie d’une famille en couple avec trois enfants ou plus est en moyenne inférieur de 25 % à celui d’un couple sans enfant après impôts et transferts (source Michel Godet, « Repenser la politique familiale »).
- Savez-vous que le montant des allocations familiales n'a cessé de baisser en pouvoir d’achat depuis qu'elles ont été créées, parce qu'elles sont toujours revalorisées a minima ?

FAEF proteste parce qu’il y a tromperie !

- C’est la branche vieillesse et non la branche famille qui est déficitaire comme veulent nous faire croire les gouvernements successifs. Au contraire elle renfloue depuis des années la branche vieillesse.

- Il y a tromperie sur les « familles aisées ». Qui sont-elles, effectivement ? 12% des familles, c’est énorme et cela touche des familles qui ont vraiment besoin d’être aidées. Le montant de la réduction d’impôts permise par le quotient familial était déjà plafonné, et ce plafond a déjà été abaissé en 2012. Jusqu’où cela ira-t-il ?
- Il y a tromperie parce que les familles modestes étaient déjà largement plus aidées en fonction du quotient familial calculé sur les revenus (sport, cantine, garderie, crèche, classes vertes, bibliothèque, déménagement, allocations de rentrée...) Le quotient familial module déjà les charges des familles en fonction du revenu.

Quelles sont les nouvelles mesures et quel est leur impact sur les familles ?

1- Le plafonnement du quotient familial va toucher plus durement les familles nombreuses : en effet, à partir du troisième enfant, chaque enfant compte pour une part entière (une demi-part pour les deux premiers), les familles nombreuses qui ont plus de parts subiront plus les effets de ce plafonnement). La hausse des impôts sera donc plus importante pour les familles de 3 enfants et plus.
2- Toutes les familles de collégiens, lycéens et étudiants vont être également touchées par la suppression de la réduction d'impôts pour études secondaires ou supérieures (61€ par collégien, 153€ par lycéen, 183€ par étudiant). Ce sera lourd pour les familles nombreuses !
3- La probable réduction du congé parental avec les six derniers mois réservés au second parent est une mesure de réduction de la durée de l’allocation déguisée en « meilleur partage entre hommes et femmes »
4- La diminution par deux du montant de la PAJE, actuellement allouée à des familles modestes à partir d’un certain seuil va contribuer à une paupérisation de ces familles pas tellement « plus aisées » (les familles vraiment aisées ne la touchent pas).

FAEF se pose ces questions :

- Qui va payer les crèches promises ? Les municipalités, l’Etat, le Conseil Général ?
- Est-ce que l’Etat s’engage à ce que ces mesures soient temporaires puisqu’elles sont destinées à combler le « trou » de la branche famille ?
Pour tout cela, nous sommes inquiets sur l’avenir de la politique familiale dont le but, selon Michel Godet, est « d’aider les familles à avoir les enfants qu’elle désirent sans pour autant se paupériser et leur permettre de les éduquer au mieux. Ce sont les enfants d’aujourd’hui qui permettront d’assurer les solidarités intergénérationelles de demain ». D’autre part, « le coût de la non famille est exorbitant pour la collectivité » (M. Godet).
 FAEF 6 juin 2013

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