Travail domestique, un tiers fantôme du PIB




La valeur que l'on pourrait accorder au travail domestique représente, dans son acception moyenne, un tiers du PIB. Une donnée à prendre en compte dans la mesure de la richesse, souligne l'INSEE.
Quelle valeur donner au travail domestique ? La question est complexe, d'abord parce que sa définition reste floue. Mais si les activités domestiques étaient valorisées, elles compteraient au moins pour 15% du PIB et en moyenne pour un tiers, relève l'INSEE le 22 novembre(www.insee.fr/fr/themes/document.aps?ref_id1423)
Selon les activités qu'on y rattache , le travail domestique représentait en 2010, en France, entre 42 et 77 milliards d’heures de travail. Soit au minimum 110% du temps total de travail rémunéré et, dans son acception maximale, deux fois ce temps de travail.
Trois façons de considérer le travail domestique
Le périmètre « restreint » comporte les tâches ménagères de base et le soin aux enfants et aux personnes dépendantes.
Le périmètre « intermédiaire » y ajoute les courses et des « activités proches des loisirs » : bricolage, jardinage et jeux avec les enfants.
Le périmètre « élargi » inclut en supplément l'ensemble des temps de trajet en voiture ou encore le fait de promener le chien.
Un tiers du PIB ! l'OCDE le relevait déjà...                                   
Si l'on cherche à valoriser la part de ce travail non rémunéré, l'étude menée par Delphine Roy  souligne qu'il occuperait une part non négligeable, voire importante, du produit intérieur brut français. Il représenterait au minimum 292 milliards d’euros (soit 15 % du PIB). Soit davantage que la part dans la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière en France (13%), note l'étude.
L'évaluation intermédiaire porte la valeur du travail domestique à un tiers du PIB - 636 milliards d'euros. Une part de 33% du PIB, c'est également la valeur moyenne que lui accordait l'OCDE, pour l'ensemble des pays de l'organisation économique, dans une étude publiée en mars 2011.
Une valorisation dans son acception la plus large (« qui reste dans les critères généralement admis au niveau international », souligne l'étude) porterait même sa valeur à 71 % du PIB.
Suivi du rapport Stiglitz
Mais ces chiffres ont-il un sens ? Oui, soulignait déjà Delphine Roy lors du colloque organisé par Les Nouvelles NEWS au printemps dernier, consacré au « sexe de l'économie ». Le fait d'accorder une valeur à ce travail domestique est avant tout pertinent en termes de comparaisons internationales.
Ainsi, en observant le seul PIB, « on a l'impression que la France est loin derrière les États-Unis, par exemple, mais en prenant en compte tout ce qui est gratuit chez nous, et la production non-marchande des ménages, on s'aperçoit que notre niveau de vie ainsi corrigé n'est pas si loin », expliquait Delphine Roy.
C'est aussi une des idées directrices du rapport Stiglitz, dans une optique de mesure plus juste des niveaux de vie et du bien-être: « tenir davantage compte de la partie non-marchande de l'économie, du ressenti des individus (...), prendre en compte ce qui produit du bien-être et pas seulement de la valeur marchande. »


Mis en ligne le 22/11/12www.lesnouvellesnews.fr , Rédaction par Arnaud Bihel


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