A propos du mariage pour tous.


FAEF, consciente de l'enjeu  qui se joue en ce moment à propos de l'évolution possible du mariage et du code civil, tient à affirmer que la filiation et le droit des enfants à avoir un père et une mère sont pour elle très importants.
Marie-Hélène Ruby, vice présidente de FAEF a fait une étude sur le sujet que je pense utile de faire connaître sur le blog de l'association.
                                                                                                                  M-Ch Rousselin
                                                                                                                 le 11 janvier 2013



 Le « mariage pour tous »
Par Marie-Hélène Ruby

Je suis très inquiète : une loi sur « le mariage pour tous » se prépare autorisant les homosexuels à passer devant Monsieur le Maire et à adopter des enfants dont ils seront les parents de référence, exit le papa ou la maman dont ils sont issus. Quelles seront les conséquence pour nos enfants et la société si les homosexuels qui revendiquent ce droit entraînent notre gouvernement à modifier la constitution  et à bâtir une société où certains de ses membres imaginent les hommes ou les femmes  sous un même genre leur laissant le libre choix de déterminer leur propre sexe en faisant fi de la nature ?

-          L’homosexualité en question.
Sous prétexte d’égalité, le fantasme du sexe unique revient et la société actuelle  engagée dans le déni de la différence des sexes retrouve la croyance de cet état sexuel  indifférencié dans lequel il serait impossible de vivre ; Il n’y aurait plus d’hommes et de femmes mais des personnes.  La différence sexuelle est alors secondaire et pas plus importante que la couleur des cheveux ou des yeux mais c’est alors oublier qu’on ne peut exister humainement qu’en étant sexué homme ou femme.
Sous couvert de générosité, on perd le sens des enjeux de l’hétérosexualité qui n’a pas d’équivalence et qui n’a pas la même valeur que l’homosexualité. l'homosexualité devrait-elle être socialement reconnue à égalité, au nom du  droit à la différence, alors qu’elle est la négation même de la différence et de la différence des sexes ?
Je n’ai pas à juger les homosexuels, j’ai à les respecter ainsi que  leur choix de vie  mais j’ai  le droit de m’opposer à ce que cette union soit reconnue comme un progrès de société et à souligner ce refus de la réalité.
La plupart des médias  présentent les homosexuels comme des victimes de la société, cette dernière étant la cause de tous leurs maux., alors que d’autres homosexuels qui ont intégré leur homosexualité savent qu’ils n’ont rien à demander  à la société si ce n’est le droit à l’indifférence. Lorsque le sujet se vit comme victime, il en veut aux autres au point de les désigner comme agresseurs. N'étant pas parvenus à intérioriser l’altérité  à travers l’acceptation de la différence des sexes, ils rendent responsables les autres et la société. Comme ils ne sont pas parvenus à connaître leur propre identité, leur psychologie homosexuelle met en doute l’identité de l’autre afin de se rassurer. Un des problèmes chez les homosexuels est d'affirmer :« je suis comme ça et je n’y peux rien » alors qu’il y aurait possibilité de changement et d’évolution : dans la plupart des cas, en effet, il existe chez eux un arrêt du développement sexuel, L’homosexualité étant une étape de la construction de la personnalité de tout individu qui fait partie du versant infantile de la sexualité humaine non encore différenciée. En se maintenant dans ce système, certains voudront  plus se définir par rapport à des tendances sexuelles que par rapport à une identité masculine ou féminine. Ainsi, l’homosexualité est bien une orientation, un choix d’objet, une tendance mais elle n’est pas une identité. Le conformisme actuel laisse entendre qu’il n’y a pas  de questions à se poser à ce sujet, il suffit de vivre son homosexualité et d’être socialement légitimé. Le problème serait du côté de la famille ou de la société qui ne l’accepte pas mais non pas interne.

-          La reconnaissance de l’homosexualité par une loi
                                                                                                                
Désormais l’homosexualité  est revendiquée comme un droit incluant un droit parental  avec le souci de  la même légitimité sociale qu’un homme et une femme engagés dans le mariage. Or l’organisation de la société ne repose pas  sur de simples accommodements pratiques. Le droit est le reflet de la conception qu’une société a d’elle-même et des relations qui sont régulées en fonction de cette perspective. Le droit est aussi une façon d’organiser symboliquement  le lien matrimonial qui n’est pas extensible à n’importe quelle association affectivo-sexuelle. La relation matrimoniale repose sur la différence des sexes, sur la procréation qui est partagée  entre un homme et une femme  et sur la filiation qui en découle et qui repose sur le rôle du père et de la mère.     
La société individualiste et libérale, lorsqu'elle régule des situations particulières perd de vue  le sens du lien social et du bien commun. La relation entre deux personnes ne justifie pas tout et n’est pas d’emblée sujet de droits surtout lorsque la personne est réduite à ses motions subjectives et que le lien social est confondu avec l’intersubjectivité. Il serait grave  d’oublier que la différence de sexes, la différences des générations et l’alliance entre un homme et une femme sont au fondement du lien social et que seule cette relation a une dimension universelle à partir de laquelle la société peut s’organiser et se  développer. Nous sommes déjà dans la confusion d’unions qui ne sont pas facteurs de liens sociaux. Une loi donnant un statut égal aux tendances partielles  de la sexualité humaine participera à l’émiettement de la société. La déliaison sociale  et la violence  sont d’abord l’expression  d’une incertitude affective  qui est elle-même produite par la confusion de sexes, l’immaturité affective, l’instabilité des couples et le brouillage de la représentation familiale   
-          L’adoption
Si les aspects fiscal et successoral sont des demandes à prendre en considération pour les personnes qui vivent ensemble quelle que soit leur orientation sexuelle, il n’est pas acceptable d’envisager la célébration d’une union à la mairie et encore moins d’adopter des enfants.
Pour grandir un enfant a besoin d’être au contact de son père et de sa mère, de sexe masculin et féminin  et non pas dans une relation unisexuée ou pire asexuée qui ne peut pas symboliser la différence, l’autonomie psychique et l’altérité. L’enfant a besoin de s’unifier à partir de deux parents de sexes différents, de trouver sa sécurité dans un lien stable et vivre sa filiation dans la coïncidence du biologique et du parental, même si l’éducation n’est pas  limitée à la relation familiale. Tous les montages pervers pour copier la famille (conception d’un enfant par un homosexuel et une lesbienne et ensuite  « partagé » comme  dans un couple divorcé ; ou bien l’un joue le rôle du père, l’autre, de la mère, d’autres se présenteront comme deux pères ou deux mères, ou encore la mère portera l’enfant d’un père biologique  inexistant et donc l’un sera parent et l’autre investi d’un rôle éducatif) faussent à l’infini la vérité des relations. L’enfant ne naît pas ici d’une relation authentique  mais d’attitudes pour le moins trafiquées.

A quoi  correspond le désir d’enfant dans cette perspective ? l’enfant n’est pas voulu pour lui-même mais souvent comme projet parental pour se prolonger soi-même, se valoriser, se rassurer et justifier sa relation  sentimentale. L’enfant devient le garant  et le support de n’importe quel  type de relation qu’il viendrait, par sa seule présence, authentifier. Défini de cette façon, l’enfant peut être  l’objet de toutes les attentes  subjectives qui vont de la sélection à l’eugénisme en passant par le droit à l’enfant à tout prix,  indépendamment de son autonomie et des besoins de ce dernier. Il est aussi revendiqué pour  assurer aux homosexuels les moyens de leur intégration sociale en fondant une famille. L’enfant est instrumentalisé  pour valider une tendance  sexuelle qui ne l’inscrit pas réellement et lisiblement entre un homme et une femme, ce qui représente le repérage fondamental de la filiation du géniteur au parental. L’enfant devient l’otage des fantasmes les plus archaïques comme celui de l’auto-engendrement, de la toute puissance, de la non-limite des désirs et surtout de la recherche du semblable pour se maintenir dans la ressemblance. Une société fascinée par la recherche du même et du semblable, comme l’enfant lorsqu’il traverse la phase psychique dite du miroir et qui est une cause parmi d’autres de l’homosexualité, entretient des relations régressives qui ne peuvent pas s’élaborer et accéder au sens symbolique des relations humaines.
-          L’enfant en tant que sujet
Comme l’exprime le grand rabbin de France Gilles Bernheim :« Le mariage  n’est pas uniquement la reconnaissance  d’un amour. C’est l’institution  qui articule l’alliance de l’ homme et de la femme avec la succession des générations. C’est l’institution d’une famille, c’est-à-dire  d’une cellule qui  crée une relation de filiation directe entre ses membres. Au-delà  de la vie commune des deux personnes, il organise la vie d'une communauté de descendants et d’ascendants. En ce sens, c’est un acte fondamental  dans la construction et dans la stabilité tant des individus que de la société. »
L’amour- au sens objectal du terme- n’est pas un sentiment, c’est avant tout le désir de construire une relation commune qui s’inscrive dans la durée. Les sentiments, si nobles soient-ils, sont un des éléments de la relation amoureuse mais ne la définissent pas à eux seuls, ils sont relatifs  à la nature de la relation et dépendent aussi d’un projet de vie  au sein duquel ils prennent sens. C’est parce que les parents s’aiment dans leur relation conjugale que l’enfant se sent aimé et c’est à partir de cette relation qu’il construit son identité. Des couples homosexuel peuvent aimer et éduquer un enfant tout aussi bien  que des couples hétérosexuels  mais ils ne peuvent  donner « ce lien de filiation qui est un vecteur psychique, fondateur pour le sentiment d’identité de l’enfant…Toute l’affection du monde ne suffit pas à produire les structures psychiques de base  qui répondent au besoin de l’enfant de savoir d’où il vient. Car l’enfant ne se construit qu’en se différenciant, ce qui suppose d’abord qu’il sache  à qui il ressemble. Il a besoin, de ce fait, de savoir  qu’il est issu de l’amour et de l’union  entre un homme, son père, et une femme, sa mère, grâce à la différence sexuelle de ses parents. Les enfants adoptés (adoption entre êtres sexués différemment) eux aussi se savent issus de l’amour et du désir de leurs parents bien que ceux-ci ne soient pas leurs géniteurs » comme nous le fait remarquer Gilles Bernheim. Il ajoute « que le père et la mère indiquent à l’enfant sa généalogie. L’enfant a besoin d’une généalogie claire et cohérente pour se positionner en tant qu’individu. Ce qui fait l’humain depuis toujours et pour toujours est une parole dans un corps sexué et dans une généalogie. Nommer la filiation  ce n’est pas seulement indiquer par qui l’enfant sera élevé, c’est aussi et surtout permettre à l’enfant  de se situer dans la chaîne des générations.
Elisabeth Guigou, ministre du gouvernement Jospin, dans un discours prononcé à l’occasion du PACS en novembre 1989 souligne qu’un couple hétérosexuel ou homosexuel n’a pas le droit d’avoir un enfant en dehors de la procréation naturelle. Les procréations médicalement assistées ont pour but de remédier à l’infertilité pathologique d’un couple composé d’un homme et d’une femme. Elles n’ont pas pour but de permettre des procréations de convenance  sur la base d’un hypothétique droit à l’enfant. Ce n’est pas la même chose  de s’occuper d’un enfant engendré par un homosexuel qui ensuite s’est établi avec une personne du même sexe que de permettre, en vertu de la loi, l’établissement d’un lien ex nihilo entre un  enfant  et deux adultes homosexuels. L’adoption par un couple homosexuel serait une mauvaise solution car le droit, lorsqu’il créée des filiations artificielles,ne peut ni ignorer ni abolir la différence entre les sexes.
  Les conséquences du mariage entre homosexuels
d’après, le communiqué de presse de l’UNAF du 26 octobre 2012)
Dans le cas de l’approbation de la loi, le projet gouvernemental  modifierait le droit pour tous,  les pères et mères ne seraient plus reconnus comme tels  et les textes dans lesquels ils figurent (mariage, filiation, prestations sociales entre autres seront modifiés).
Le remplacement des termes père et mère  par parents créera la confusion sur les référents parentaux avec  un impact sur l’état-civil, l’autorité parentale, l’obligation alimentaire....
Le terme « adoption pour tous » entraînera de facto un droit à l’enfant.
Ouvrir l’ensemble de l’adoption  aux couples de même sexe pose en particulier la question de l’adoption plénière. Un enfant naît d’un couple différencié sexuellement ; un enfant confié à deux parents du même sexe laisserait croire qu’il est possible de naître de deux personnes du même sexe.
L’accès à l’assistance médicale à la procréation (PMA) pour les couples de femmes consisterait à « confectionner » des enfants sans père, de même que la gestation pour autrui reviendrait à priver les enfants de leur mère.
Aujourd’hui le mariage civil  a pour but de protéger  les femmes et les enfants nés et à naître. L’ouverture du mariage aux couples  de même sexe entraînerait donc leur accès à la filiation créant des différences au sein d’un même statut jusqu’alors unique. 

L’ensemble de ces réflexions est tiré du livre de Tony Anatrella (psychanalyste, spécialiste en psychologie sociale) : la différence interdite édité en 1998     



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