Le 20 septembre 2012


Réforme du congé parental, encore...



Cette annonce suscite en moi colère, tristesse et lassitude. Après les tentatives avortées d'il y a trois ans, l'actuelle Ministre des Solidarités propose de nouveau une réforme du congé parental, sur les mêmes bases que la précédente. Les femmes au foyer ont le triste privilège de faire l'unanimité contre elles, à gauche comme à droite !

Il va donc falloir redire à qui veut bien l'entendre que le COLCA (Complément Optionnel de Libre Choix d'Activité) a été un échec, très peu de femmes ayant choisi ce complément « plus court (1an) et mieux rémunéré », parce que la durée de trois ans correspond à un réel besoin pour de nombreuses familles.
Supprimer cette possibilité aurait pour effet de mettre en danger celles et ceux pour qui une durée d'un an ne suffit pas, privé(e)s de la protection légale de leur emploi et donc acculé(e)s à la démission. Pour remédier à une « trappe à pauvreté » on va précipiter une partie de ces personnes dans la précarité !

A la préoccupante pauvreté des familles on tente de proposer l'activité professionnelle des deux parents comme la seule voie de salut. C'est refuser de voir que de nombreuses femmes travaillent pour ne pas dépendre financièrement de leur conjoint et pour avoir une retraite, les dépenses liées à la garde des enfants absorbant une bonne part de leur salaire, et qu'elles sont nombreuses à regretter de ne pouvoir faire une pause professionnelle pour se consacrer un temps à leur famille.
On pourrait proposer d'autres réponses à ces problèmes, comme la revalorisation des allocations familiales, la mise en commun des droits à la retraite avec le conjoint, la création d'un statut pour le parent au foyer...

Un autre objectif mis en avant est le partage du congé parental avec le père : pour le contraindre à s'occuper de ses enfants, on tente de rendre la mère indisponible. C'est très mauvais pour une femme d'être parent au foyer, mais pour un père c'est très bien, c'est évident ! Ces messieurs le comprendront, se montreront disciplinés et enthousiastes.
Je crains au contraire que la vision de la famille véhiculée par la présentation de cette réforme ne soit un puissant repoussoir !

Colère, tristesse et lassitude... mais ne baissons pas les bras ! Cette tentative de réforme a déjà été repoussée, il faut se battre encore, pour préserver la possibilité d'un véritable choix pour les familles, et chercher de vraies solutions plutôt que d'essayer vainement de supprimer les problèmes.



Cécile Martel
Présidente de Femmes Actives au Foyer en Yvelines


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