Contribution pour la réunion préparatoire de la 56e session de la commission de la Condition de la Femme.

Comme tous les ans, FAEF-UN a été invitée par le ministère pour la réunion préparatoire de la 56e session de la commission de la Condition de la Femme qui se tient à l'ONU à New York. Cécile Martel, présidente de l'association des Yvelines nous a représentées et nous fait part de sa contribution :

Thème « L'autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l'éradication de la pauvreté et de la faim, dans le développement et dans la réponse aux défis actuels » :

Femmes Actives et Foyer – Union Nationale souligne que l'autonomisation des femmes, quel que soit leur milieu social d'origine, passe par la valorisation de ce qu'elles sont et de ce qu'elles font.

- valorisation de ce qu'elles sont : en France les femmes au foyer sont douloureusement conscientes d'être définies par ce qu'elles ne sont pas : ni actives, ni retraitées, ni étudiantes, elles n'ont pas de statut et sont reléguées aux cases « autre » ou « sans profession » dans les questionnaires catégoriels. On ne sait pas exactement quel est leur nombre, elles n'ont pas accès directement à la protection sociale (sauf si elles ont trois enfants ou plus). La liberté de choix des femmes (et des hommes) de se consacrer un temps de leur vie à l'éducation des enfants ou au soin de parents âgés est entravée par cette situation de non-reconnaissance.

Il ne suffit pas que les femmes soient reconnues comme des citoyens à part entière, il est souhaitable qu'elles aient les moyens de leur autonomie, y compris lorsqu'elles n'ont pas d'activité professionnelle et se consacrent aux besoins de la famille ; c'est important en France, cela l'est plus encore dans les pays où l'activité professionnelle des femmes est moins développée.

- valorisation de ce qu'elles font : les femmes au foyer ont pour activités principales l'éducation et l'entretien de la famille, le « care ». La valorisation de ces activités et la formation des femmes dans ces domaines peut contribuer puissamment à faire reculer pauvreté et mal-développement. L'importance de ces outils n'est pas suffisamment prise en compte dans la vision masculine de la société, qui survalorise les activités réalisées à l'extérieur du foyer, au détriment du « travail invisible » pourtant fondamental, au sein du foyer. De cela découle également une dévalorisation des métiers majoritairement féminins, qui bénéficieraient également d'un changement de regard sur ces activités.

Thème « Engager les jeunes femmes et les jeunes hommes, les filles et les garçons pour faire avancer l'égalité entre les femmes et les hommes » :

A Femmes Actives et Foyer il nous semble que la meilleure incitation pour les jeunes à s'engager est de leur donner l'exemple, sinon c'est « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » ; il revient aux adultes d'aujourd'hui d'être suffisamment présents auprès des jeunes pour leur donner envie de poursuivre cette action.

Quelle égalité voulons-nous ? S'agit-il d'être tous des hommes égaux ? Nous voyons chez les jeunes générations monter le désir de vies plus équilibrées entre l'investissement professionnel et la vie privée et familiale, saurons-nous leur en donner les moyens ?

Cécile Martel

Présidente des femmes Actives au Foyer Yverlines