Le 8 mars 2011, FAEF vous souhaite de passer un bon moment sur le blog des femmes qui veulent tout mais successivement selon leurs priorités !

FAEF a participé le 16 février à la réunion préparatoire pour la plateforme des femmes à l'ONU. Voici la contribution que nous avons envoyée au ministère de Roselyne Bachelot qui a représenté à New York les femmes françaises, en février dernier.


Accès et participation des femmes et des filles à l’éducation et à la formation aux sciences et aux technologies, y compris par la promotion et l’égalité d’accès au plein emploi et à un travail décent.

Introduction

Il n’est pas possible de mettre les femmes et les filles de tous les pays du monde dans la même recherche ou le même raisonnement. Les problèmes ne sont pas les mêmes pour celles qui ne sont même pas encore scolarisées ou n’ont pas fait d’études et celles pour qui toutes les structures sont déjà en place et accessibles de façon libre et gratuite.

Nous ne parlerons ici que des problèmes que nous connaissons, à savoir ceux des pays les plus développés, en prenant comme exemple la France.

I - Etat des lieux :

En France, l’école est obligatoire et en général mixte. Elle est donc ouverte à chance égale aux filles et aux garçons. Les récentes enquêtes tendent à montrer que cette ouverture profite d’ailleurs largement plus aux filles qu’aux garçons, et que l’on commence à s’inquiéter d’un décrochage de plus en plus tôt et de plus en plus fréquent de ces derniers, au cours de leur scolarité.

Dans la note d’information de la Direction de l’Evaluation et de la Prospective N°06.06 de février 2006, on voit que les filles réussissent mieux à tous les niveaux dans le système scolaire. Si près de 14% des garçons ont des difficultés à lire, elles ne sont qu’un peu plus de 7% de filles dans ce cas. Il y a près de 8 filles sur 10 au niveau du baccalauréat ; alors qu’il n’y a que 6 garçons sur 10. Une fille sur deux dans sa génération obtient un diplôme du supérieur, il n’y a qu’un garçon sur trois. Les filles sont également beaucoup moins présentes dans les situations de décrochage scolaire.

Nous sommes au XXIème siècle. Tous les concours, toutes les facultés, toutes les écoles sont ouvertes à égalité aux filles comme aux garçons, et elles y prennent d’autant mieux leur place qu’elles y sont mieux préparées comme on a pu le voir plus haut. Regardez en médecine : les dernières statistiques que j’ai pu trouver datent de 2005 et montraient déjà que 64 % des étudiants étaient des femmes. Curieusement, alors que l’on sait que ce chiffre ne fait que croitre, on ne trouve plus de statistiques, sans doute seraient-elles trop discriminatoires… pour les garçons ! Sur media. education.gouv.fr, on peut lire que les études de biologie, agronomie et chimie, sont investies par les filles, ...

On constate donc que tout, actuellement, est mis en œuvre pour une meilleure réussite des filles par rapport aux garçons… et que cela fonctionne !

Par ailleurs, d’après le laboratoire des inégalités, le taux de chômage des femmes en 2010 est équivalent à celui des hommes. Ni plus, ni moins.

Pourquoi, ne retrouve-t-on pas ensuite, les femmes dans les postes à responsabilité ?

La présidente de l’association « Dirigeantes », Danièle Rousseau, l’explique tranquillement : « Je vois davantage de femmes qui mettent leur carrière entre parenthèses pour prendre du recul et chercher un sens à leur vie. Elles veulent du temps libre. Et a fortiori si elles ont des enfants ! même si ce n’est pas leur unique motivation. En 2010, 21 % de mères salariées cadres se sont arrêtées de travailler. Ces ex-workings girls ont confiance en elles car elles se sont déjà accomplies professionnellement. Il arrive un moment, où elles en assez de courir, et où concilier vie professionnelle et vie personnelle devient trop difficile. »

Cela n’est pas propre aux femmes cadres, c’est valables pour toutes, car, trop c’est trop, et lorsque les femmes, quelles que soient leurs origines ou leurs études, se rendent compte que le travail n’est plus synonyme d’épanouissement mais d’asservissement, l’heure est venue de faire les comptes financiers et de se détacher du politiquement correct.

ALORS…. Que faut-il faire ?

II - Se rendre compte que l’on ne peut pas faire le bonheur des gens malgré eux.

Ceux qui campent sur des positions qui tendent à se fossiliser, ne voient pas les dérives qu’ils ont déclenchées :

1) Solitude En quittant leur foyer sous la pression sociale pour travailler, les femmes ont aussi quitté leur couple : 68 % des femmes qui divorcent ont une activité professionnelle. (chiffre du recensement 2006 –Quid).

2) Pauvreté Commence alors pour beaucoup la galère « Six femmes sur dix qui vivent sous le seuil de pauvreté, et sont accueillies par l’association vivent seules, avec ou sans enfant" explique le Secours Catholique, « et 30 % de la population aidée sont des familles monoparentales".

3) Familles éclatées A l'heure de la banalisation du divorce, alors que 2,9 millions de mineurs vivent avec un seul parent et que près d'un mariage sur deux se termine par une rupture, il s'agit de «réussir son divorce» de «préserver le couple parental»…et on oublie la souffrance des enfants.


4) Souffrance des enfants En février 2011, une enquête, auprès de 1137 personnes, âgées de 18 ans à plus de 56 ans, «victimes» d'une rupture parentale, montre que pour l'écrasante majorité (88 %), cette séparation a eu des effets à long terme sur leur personnalité. Certains disent avoir peur d'être abandonnés, manquer de confiance, souffrir de dépression, et cela se reporte bien sûr sur leurs résultats scolaires (voir l’enquête sur les enfants du divorce (enquête UFE – février 2011)


5) Résultats scolaire en baisse des enfants de France. Les maisons vides ne font pas grandir les enfants. L’enquête PISA 2009 de l’OCDE sur l’évaluation des compétences des élèves de 15 ans montre, à propos des résultats scolaires, que la France continue de baisser par rapport à l’ensemble des pays les plus industrialisés. Les nouvelles générations, chez nous, s’appauvrissent intellectuellement et l’accès et la participation à l’éducation et à la formation, commence déjà en 2011 à devenir non pas un problème pour les filles, mais pour les enfants en général. La même enquête montre, par ailleurs, que les femmes de France sont celles qui passent le moins de temps avec leurs enfants, soit 6, 8 heures par semaine, week-end compris. Il est peut-être temps d’y voir un lien de cause à effet !


6) Femmes-objet Le constat est rude, les femmes ne sont plus les mères qu’on aime et que l’on respecte, elles sont devenues des objets. L’atelier d’accompagnement à la parole « A propos des femmes » explique, le 2 juillet 2010 : « La publicité envahit tous les espaces et il devient impossible de lui échapper! Les femmes sont souvent décrites de manière stéréotypée… La mondialisation impose une façon d’être et, dans un effort de devenir cette « vraie femme », beaucoup perdent confiance en elles, parce que ce modèle, fruit de la standardisation, est impossible atteindre. »

À ce moment-là, il n’est plus question d’accès aux métiers scientifiques ou autres, mais de survivre entre dépression, suicide et anorexie.

8) Violence Dans un document intitulé « La violence et le sexisme dans les vidéo-clips », le ministère de l’Education Nationale signale que les vidéo-clips présentent une sexualité de l’image qui met l’accent sur l’apparence. Ceci a pour résultat de banaliser la sexualité et de la ramener au rang de produit de consommation. Plus inquiétant, l’association entre le sexe et la violence est très fréquente dans ces productions. L’agression sexuelle, le harcèlement et la violence y sont souvent présentés comme des manifestations de la passion amoureuse.
La violence faite aux femmes n’est certainement pas le meilleur chemin vers l’accès aux métiers à responsabilité, ou à tout autre métier. Pour que les hommes respectent la femme, il faut avant tout qu’ils respectent leur mère et pour qu’ils respectent leur mère il faut qu’elle le mérite en jouant pleinement son rôle de maman.

III– Que veulent les femmes ?

Le travail reste le terrain privilégié du rêve de l’accomplissement des potentialités et de la réalisation de soi. Selon les sondages, il constitue plus que jamais, pour les Français, la deuxième valeur après la famille (Sondage ISL, Le Monde du 24 avril 2009).

Le travail : deuxième valeur, après la famille, voilà le problème : c’est qu’avant de s’épanouir dans le travail, l’être humain, même en France, s’épanouit dans la famille. La famille reste au top du hit parade du bonheur des Français ! Selon l’enquête de l’Observatoire de la parentalité en entreprise, 97% des parents salariés interrogés en 2009, affirment que l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale est un sujet de préoccupation important.

Quand la femme doit jongler avec deux plein temps, l’un pour la famille, l’autre pour son métier, « le travail n’est plus synonyme d’épanouissement mais d’asservissement » peut-on lire dans le journal Grazia du 10 décembre 2010, dans son enquête sur les nouvelles femmes au foyer. « Pour autant continue la journaliste, ces néo-femmes au foyer ne rejettent pas les valeurs féministes. Elles prétendent simplement ériger le bien-être en valeur suprême et s’aperçoivent que ce n’est plus le travail qui le leur permet. »

Catherine Serrurier psychothérapeute et conseillère conjugale l’explique : « les femmes qui reviennent à la maison réalisent que c’est dur de tout réussir à la fois, carrière, couple, et éducation des enfants. Il y a trente ans, elles y croyaient ! J’ai été féministe continue-t-elle, heureuse d’acquérir mon indépendance. Mais je constate que tout excès conduit à l’échec. Je ne dis pas qu’il faut revenir en arrière, mais retourner à la maison peut-être positif, si les femmes le choisissent en toute lucidité et si ce n’est pas définitif. »

Car le numéro un, d'après les sondages, reste la famille : avoir un conjoint qu’on aime et qui nous aime, être pleinement la mère de ses enfants, et ne pas avoir à regretter les années qu’on a passées loin d’eux et qui ont filé si vite…ces enfants qu’on ne connait même pas finalement, et qui, au mieux, s’éloignent et au pire, commencent à poser de multiples problèmes…!

Les jeunes filles de 2011 ne sont pas sottes, elles veulent tout : études, travail, conjoint, enfants, famille, mais successivement, en choisissant leurs priorités.

Il n’est pas question de revenir en arrière, car on peut toujours tirer le meilleur parti de ce que la vie et le temps nous enseignent, et la vérité, que l'on n'accepte pas encore aujourd'hui, c'est que mettre toutes les femmes au travail, sans leur laisser un vrai choix, au moment où la famille a besoin d'elle, est une grave erreur. Il ya des vérités naturelles que l'on ne peut pas brader. Le tour de force du siècle précédent a été de faire croire aux femmes qu'elles choisissaient librement de se mettre en « esclavage », en abandonnant une partie de ce qui fait la beauté et la particularité de leur être. Le tour de force de celui-ci pourrait être de remettre du bon sens dans l’équilibre de leur vie.

Que les filles étudient les sciences et les techniques, que les femmes travaillent dans ces domaines, oui bien sûr, si telle est leur vocation, mais de quel droit les y obliger quand elles souhaitent, pour un moment, se consacrer à ceux qu’elles aiment, à ceux dont elles ont la responsabilité, à ceux qui sont leur bonheur et pour qui elles sont le pilier de la famille.

Les jeunes filles d’aujourd’hui, appartiennent à ce que l’on appelle la génération Y, et recherchent tout simplement le bonheur. Elles savent qu’elles peuvent tout vouloir, car elles ont bien le temps de tout faire et de le faire bien, durant les 84 années (en moyenne) qui leur sont données à vivre. Il est temps que les générations précédentes (qui sont au pouvoir) en prennent conscience et ouvrent leurs intelligences à un vrai changement de comportement.

Les femmes sont intelligentes, les femmes réussissent dans leurs études et leurs métiers et elles y sont une vraie chance pour le monde du travail, mais elles doivent l’être aussi, pendant quelques années, pour leur famille et leurs enfants qui ne peuvent se passer de leur présence.

Ne pas l’accepter et c’est la société toute entière qui sombre.

Le 8 mars 2011 Marie Christine Rousselin

Présidente de l’Union Nationale des femmes actives et Foyer