28 avril 2010

Réflexions à propos du rapport

Stiglitz-Sen-Fitoussi

(remis en octobre dernier au président N. Sarkozy)

Le principal atout de ce rapport réside dans la remise en cause du PIB en tant qu’indicateur de performance et de progrès.

Le PIB, centré sur la production et la consommation marchandes et monétaires, ne prend en compte que certaines activités et compte positivement des activités néfastes.

Il ignore l’impact négatif sur la vie sociale et sur l’environnement d’une performance à outrance, il occulte toute la partie qu’on pourrait appeler service, rendue par les hommes et les femmes qui agissent sans rétribution, les premières d’entre elles étant les femmes au foyer.

Ce n’est pas l’argent qui fait le bonheur, même s’il y contribue. C’est d’aimer et d’être aimer qui donne le goût du bonheur et celui de vivre. Ne pourrait-on plus le dire ? Et pourtant, Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, décrit une société "en usure psychique" dans son rapport 2009, il brosse dans son rapport annuel un tableau très sombre de la société française, évoquant un sentiment d'injustice, un ressentiment des citoyens à l'égard de l'administration et une banalisation de la violence.

Le philosophe André Comte-Sponville, lui, dans son dernier livre* explique : « Seule l’éducation rend les hommes humains (…) à quoi l’école ne suffit pas, qui n’a affaire qu’au savoir. Ni l’état, qui n’a affaire qu’au pouvoir. Les parents, qui savent et font ce qu’ils peuvent, qui n’est pas rien, apportent le reste, qui est l’essentiel : l’amour, qui protège autant qu’il peut et pardonne autant qu’il doit. »

Et quand laisse-t-on aux parents le temps d’être parents, vraiment ?

Les femmes ont acquis l’indépendance et la reconnaissance, en travaillant. Très bien.

N’allons pas trop loin au risque de tout perdre, maintenant il faut laisser la possibilité à chaque famille de garder le temps nécessaire à la construction du couple et à l’éducation de ses enfants. Amour et éducation. Si l’on oublie ces deux piliers, l’Homme tombe. L’argent n’y fera rien et notre société de 2010 en est le meilleur exemple.

"Je sens une société en tension et en usure psychique", a déclaré M. Delevoye, médiateur de la République, en présentant son rapport 2009 à la presse. "Avant, on était crevé au boulot, maintenant on est usé dans sa vie, on est tendu tout le temps".

"La qualité des rapports humains se dégrade avec des montées d'agressivité au sein des familles, des entreprises, des espaces publics", a-t-il ajouté, déplorant une "banalisation de la violence" et une judiciarisation excessive des conflits, preuve selon lui d'un manque de dialogue.

Il est à ses yeux "important de retrouver des lieux d'apaisement, de compréhension, d'explication, pour reconstruire un +vivre ensemble+, sinon c'est le chacun pour soi qui l'emportera, et c'est la fin du pacte républicain".

Qui a mieux que la famille, mieux que les parents, à proposer ?

On ne parle pas d’obliger, mais de favoriser, et même, oui pourquoi pas d’inciter.

Nos anciens avaient-ils donc tous les torts quand ils aimaient fonder une famille et s’en occuper ?

Remettons les choses dans le bon sens pour que la femme puisse s’occuper au moins un moment, si elle le souhaite de ses enfants et de ses proches.

Arrêtons de banaliser les conduites à risques et de proposer sous prétexte de rentabilité tous ces objets ou activités qui nuisent à l’être humain, le déforment et l’avilissent…. et offrons aux familles les allocations qu’elles méritent sur les économies immenses qu’elles feront faire par surcroit, à la société toute entière.

Union Nationale des Femmes Actives et Foyer

Marie-Christine Rousselin, Présidente

*Comte-Sponville André le gôut de vivre éd. Albin Michel 2010 p.26