contribution à la journée de l'UNAF du 29/01/2010 : "L'emploi en France : et les familles ?"

« L’emploi en France : et les familles ? »

Il est très intéressant de voir comment le sujet qui est traité ici est formulé.
Le premier mot est l’emploi, ensuite vient la famille avec un point d’interrogation.
On voit que ce qui est premier, c’est l’emploi. Ensuite vient : et les familles ?
En fait dans le déroulement de la lettre et dans les questions qui l’accompagnent, on découvre que oui, la famille existe encore, mais qu’elle doit être toute tendue au service de l’ « emploi ». C’est le monde à l’envers. On est loin du « deviens ce que tu es » des philosophes, on est loin aussi du désir de vivre et d’être heureux. Il n’y a plus qu’un objectif, l’emploi.
Dans votre invitation, on peut lire :
1. Au § 1 : « la crise pèse sur les familles principalement avec le chômage et les conditions de travail." Mais une autre crise pèse aussi avec la rupture des couples, les familles sens dessus dessous et le mal-être des jeunes et des moins jeunes.

2. Au §3 on demande malgré tout aux familles de jouer un rôle éducatif. Comment pourraient-elles le faire, beaucoup d’adultes n’ayant ni le temps, ni l’envie, ni la possibilité ou la force de jouer ce rôle. Cela fait bien longtemps que beaucoup sont déconnectés de l’éducation de leurs enfants. Ils ont passé tellement peu de temps avec eux qu’ils ne les connaissent même pas ou si peu, c’est tout juste s’ils les supportent lorsqu’ils grandissent.


3. Au §4 : Ici encore on demande aux familles d’éduquer mais, qui est la famille ? ne parle-t-on pas du père et de la mère, des deux adultes qui ont la charge et le bonheur de construire cette famille ?
Et ces deux adultes, ne sont-ils pas les mêmes que ceux que l’on retrouve le matin à 8 heures en train de quitter la maison et d’y revenir une dizaine d’heures plus tard ? Où sont les enfants pendant ce temps ? Qui s’est occupé d’eux, qui les a éduqués, exactement comme vous le voulez, pour qu’ils deviennent, dans 20 ans, les adultes dont vous rêvez.
Quand les parents considéraient qu’élever leurs enfants, les rendre grands étaient de leur responsabilité, ils leur apprenaient ce qui est nécessaire pour devenir un homme ou une femme sur lequel on peut compter.
Aujourd’hui et depuis quelques décennies déjà, le politiquement correct pense qu’il est plus important que les deux parents travaillent et par conséquent pour la plupart, qu’ils quittent la maison. En corollaire, les enfants devenus plus grands désertent le lieu familial en même temps qu’eux et restent des éternels ados . Les enfants qui deviennent de vrais adultes n’existent plus, ils ont désertés le lieu familial en même temps qu’eux et restent des éternels ados .


Entre l’emploi et les familles, vous glissez dans votre titre « en France ».

La France a encore des enfants, elle est encore un pays riche, elle joue encore un rôle mondial.
Pourquoi ne serait-elle pas la première à vraiment concilier travail et famille ? Oui, mais pas tout en même temps.
Revenons à une politique vraiment familiale, en valorisant les mères de familles et le travail qu’elles font et en donnant comme au premier temps de l’allocation jeune enfant, ce complément qui permettrait de passer du travail salarié au travail à la maison sans être obligé de changer complètement son mode de vie (sur le plan financier). Cela serait bien pour les familles et pour la société.

Qui aura le courage de mesurer les économies que les femmes au foyer font faire à la France, d’abord parce qu’elles ont le temps d’éduquer leurs enfants (et qui mieux qu’elles peut le faire ?) pour en faire de vrais adultes heureux, ensuite parce qu’elles sont garantes d’une bien meilleure santé morale et physique de toute la famille, enfin parce qu’elles sont les premières à prendre en charge une grande partie du bénévolat, que plus personne ne veut ou ne peut faire. Mais pour cela elles doivent être reconnues et être heureuses de faire ce travail qui allie pédagogie, médiation, et beaucoup de métiers très divers qui font d’elles de vraies entrepreneurs et qu'elles puissent faire ce choix., si le couple le désire.
Et lorsqu’elles reprennent le travail, la plupart en retrouve sans problème car elles n’ont pas épuisé leur vitalité et parce que leur énergie n’est pas abattue par le regret de ce qu’elles laissent derrière elles sur le plan familial.
Les jours sont longs, les années aussi, on ne peut pas, dans la durée tout mener de front. « Qui trop embrasse mal étreint »dit le proverbe.
Il faut pouvoir choisir, prendre ses responsabilités, remplir ses engagements et l’exemple que vous donnez sera leçon pour vos enfants.

Travailler et s’occuper de sa famille oui, bien sûr, mais pour un des deux conjoints il faut que cela soit en alternance. Lorsque ce qu’il y a à faire pour la famille prend le pas sur l’importance de ce qui doit être fait au travail, il faut pouvoir un moment donné dire, « je m’arrête, les enfants ont besoin de moi, toute ma famille et mon entourage et moi-même y gagneront, je retravaillerai ensuite. »

Une personne sage m’expliquait : dans une famille un couple peut s’autoriser jusqu’à deux temps plein et demi.
Un temps plein pour un des conjoints, un temps plein pour le couple et les enfants et il reste un mi-temps, à prendre pour soi, pour les autres, ou pour un travail salarié. Mais c’est le maximum. Si l’on passe cette barre, au moins une des composantes si ce n’est plus s’écroulent : cela peut-être le couple, c’est souvent les enfants, et très généralement la santé d’au moins un des adultes.


Quand posera-t-on ces questions :
- Mais d’où viennent ces SDF, de plus en plus jeunes, de plus en plus nombreux ? Qu’est-ce qui les a amenés là, de quels soins, de quelle tendresse, de quelle confiance ont-ils manqué ?

- Pourquoi les jeunes ne croient-ils plus en la vie, en l’homme, en eux-mêmes ? Où sont les personnes qui auraient dû leur apprendre la liberté et l’autonomie dans le cadre chaud et sûr d’une famille ?

- Pourquoi ne veulent-ils plus s’engager ? Où est leur imagination ? Qui leur dira qu’on compte sur eux, pour qui et pourquoi ils vivent ?
Ils sont seuls, terriblement seuls, dès la petite enfance, et en même temps noyés dans des groupes de leur âge.

Si vous voulez éduquer les jeunes : redonnez- leur, dès tout petits, les meilleurs éducateurs du monde : leurs parents.