Congé parental: Lettre ouverte au Président de la République

REACTION AU DISCOURS DU 13-02-2009

NON, Monsieur le Président, le congé parental n’est pas « un gâchis pour les mères ». Le retour à l’emploi est garanti par la loi avec un salaire et un poste similaire à celui occupé avant le congé parental. L’article L122-28-7 du Code du travail garantit une formation à temps complet pour permettre une remise à niveau si les pratiques dans l’entreprise ont changé. Donc les femmes qui avaient un emploi stable le retrouvent. Tandis que celles qui avaient un emploi précaire retrouvent les mêmes difficultés qu’avant, une fois que les versements de l’APE et l’ASSEDIC sont achevés. Pourquoi, au lieu de résoudre les difficultés réelles d’insertion professionnelle et de formation de certaines femmes, contraindre toutes les autres à réduire leur temps de présence auprès de leurs enfants ?
OUI, Monsieur le Président, toutes les études montrent que les familles qui élèvent des enfants, à fortiori quand un seul des deux conjoints est rémunéré, ont un niveau de vie nettement inférieur à celui des autres ménages. Si tel est votre souci, pourquoi ne pas engager une familiarisation de la CSG ? Pourquoi ne pas réformer le système de retraite qui pénalise aujourd’hui toutes les femmes du fait de leur maternité ? Réduire la durée du congé parental ne fera que fragiliser encore les familles nombreuses ou celles dont les enfants nécessitent soins et présence.
NON, Monsieur le Président, le congé parental, ce n’est pas « un gâchis pour la société ». La société est la première bénéficiaire de l’investissement des mères dans les soins et l’éducation de leurs enfants. La valeur économique et sociale de cet apport n’est pas prise en compte, car elle n’a pas de traduction directement monétaire. Par contre la non famille a un coût. Une fois de plus on instrumentalise les femmes : les femmes ont pourtant déjà « voté », puisque le COLCA est un véritable échec. Mais on souhaite augmenter le taux d’emploi des femmes et donc on veut imposer la réduction de la durée du congé parental.
AFFIRMER que « les problèmes de prise en charge des enfants constituent une sorte d’impôt sur la capacité de travail des parents » est faux si cela sert à justifier la réduction de la durée du congé parental : pour 75% des femmes le congé parental est un choix délibéré destiné à mieux profiter de son enfant, à pouvoir lui consacrer du temps. La mère est la première source de sécurité et d’attachement pour le jeune enfant. Trois ans pour son enfant, Monsieur le Président, est-ce de trop ?

LA REALITE, Monsieur le Président, c’est que le congé parental est plébiscité par les mères. Aujourd’hui le congé parental n’est imposé à personne, c’est une liberté offerte aux femmes à l’issue de leur congé maternité.
Pourquoi parler de libre choix et vouloir réduire la durée de ce congé ?