Le congé parental : un atout pour la politique familiale française

Communiqué de presse du 17 février 2009

Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir réfléchir à une réforme du congé parental et en particulier à l'idée de le raccourcir, l'accusant d'être parfois à l'origine de " gâchis " au regard de l'activité professionnelle de la femme, de la situation financière de la famille, de la vie économique de la société.

Au contraire, nous voulons rappeler que le congé parental dans sa forme actuelle est un formidable atout pour la politique familiale française.

Un atout pour la natalité française : 20% des mères prennent un congé parental au 1er enfant, 50% au 2eme enfant et près de 80% à la naissance du 3eme enfant. Si ce congé disparaissait, qui accueillerait encore un 3ème enfant ? Rappelons qu’il est indispensable que certaines familles fassent le choix courageux d’accueillir 3 enfants ou plus pour compenser le fait que certaines familles ne peuvent ou ne veulent en accueillir qu’un seul ou pas du tout.

Un atout pour l’organisation familiale : pour de nombreuses mères, le congé parental permet non seulement de s’occuper d’un bébé en bas âge mais également bien souvent d’un ou plusieurs autres enfants d’âge maternelle ou primaire. Il permet une parenthèse bienvenue pour toutes celles qui privilégient le bien-être de leur famille.

Un atout pour l’organisation des modes de garde en France : les 570.000 mères en congé parental gardent près de 800.000 enfants de moins de 3 ans. Raccourcir ce congé supposerait de créer immédiatement 500 à 600.000 places en crèches supplémentaires. C’est inenvisageable, tant sur un plan pratique qu’en raison du coût d’une telle mesure. D’ailleurs, ce ne sont que 200.000 places de crèches que Nicolas Sarkozy propose de créer…et encore, d’ici 2012.

Un atout pour la société : lors de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a souligné le service que rendaient les mères qui restaient à la maison à la société toute entière et la reconnaissance qui leur était dû. (cf meeting de la Mutualité). Au-delà de l’éducation de leurs propres enfants, elles rendent des services inestimables au monde associatif et dans l’encadrement des sorties scolaires.

Un atout pour l’Etat : rien ne coûte moins cher à l’Etat qu’une mère qui choisit de garder elle-même son enfant. L’allocation qui est versée à la mère est beaucoup moins élevée que les subventions pour un mode de garde rémunéré. Rappelons à l’inverse que la crèche, mode de garde le plus demandé par les mères qui travaillent est le plus coûteux des modes de garde pour la collectivité.

Bien sûr, le congé parental peut être amélioré. On peut notamment :
- Renforcer l’accompagnement des mères qui prennent ce congé avec un emploi précaire qu’elles ne retrouveront pas à la fin du congé parental.
- Favoriser la formation en cours de congé pour une « remise à niveau » et une meilleure employabilité.
- Faciliter la réinsertion en entreprise à « temps choisi », en particulier pour les mères qui ont plusieurs enfants,…
- Créer un congé parental fractionné permettant aux parents d’être présents aux différents âges de l’enfant (par exemple outre à la naissance à l'age crucial de l'adolescence).

Pour autant, faut-il faire un énorme gâchis en réduisant comme peau de chagrin l’un des fleurons de la politique familiale française ?

CNAFC,
FEMMES ACTIVES ET FOYER,
MOUVEMENT MONDIAL DES MERES.