Réaction à l'article paru dans le journal La Croix du 9 février 2007

L’interview que vous avez réalisée de D.MEDA le 9 février 2007 nous fait réagir. Il y aurait beaucoup à dire mais je souhaite attirer votre attention sur une phrase en particulier qui me parait absurde.

« On a besoin du travail des femmes car la société ne peut plus s’offrir le luxe d’en supporter qui ne participent pas au système de protection sociale actuellement sous haute tension. »

Si nous comprenons bien, on a besoin du travail des femmes pour que celles-ci puissent cotiser et ainsi contribuer à réduire les déficits sociaux pourtant annoncés depuis plus de vingt ans. La belle affaire ! Une fois de plus on instrumentalise les femmes en prétendant les émanciper. D. Meda ne répond pas à la question de votre journaliste de savoir si les femmes ont réellement le désir de donner la priorité à leur travail plutôt qu’à leurs charges familiales.

Ce n’est donc pas le désir des femmes ou l’intérêt de leur famille qui est mis en avant pour promouvoir une insertion plus importante des femmes sur le marché du travail mais des impératifs financiers. L’imprévoyance de nos gouvernants trouvera ainsi une partie de son remède dans la soit disant émancipation féminine.

Elever des enfants gratuitement n’est pas un luxe que la société ne peut soit disant plus supporter. Madame Meda peut-elle nous expliquer par quel tour de passe passe on parle de travail quand on salarie quelqu’un pour s’occuper de ses enfants en son absence, tandis que l’on parle de luxe pour la même activité exercée par soi-même en direction cette fois de ses propres enfants ? Ce type de raisonnement est significatif d’une approche réductrice du travail. La notion de travail est aujourd'hui liée à un échange d’argent. Par extension si on poursuit le raisonnement de Madame MEDA, tout travail gratuit, sans traduction monétaire serait donc sans valeur et donc un luxe : toutes les activités bénévoles, caritatives, les services rendus aux voisins, toute forme de don de soi seraient un luxe et un fardeau puisque le temps consacré à ces activités ne ferait pas l’objet de cotisations sociales. Absurde.

Si l’on souhaite rester sur un terrain économique, argument de D. Meda, on ne peut ignorer que l’éducation est un investissement en capital humain, facteur essentiel de la croissance et du développement des sociétés et donc de l’avenir.

Les femmes au foyer jouent donc un rôle essentiel dans la construction de la société et, de plus en plus, entendent être reconnues comme telles. Justement l’association FEMMES ACTIVES ET FOYER agit pour que chaque femme puisse se situer en dehors des schémas réducteurs véhiculés par les uns et les autres : quels sont les besoins matériels, affectifs, psychologiques de ma famille ? Quelles sont mes priorités ? Pour rendre ce choix effectivement possible nous demandons que les femmes qui se consacrent à leur famille, enfants ou parents puissent bénéficier d’une retraite décente, d’un droit à la formation effectif pour faciliter leur retour sur le marché du travail si le besoin s’en fait sentir, d’une allocation et ceci au-delà des trois ans de l’enfant.