Conférence de la famille 2007 : nos propositions

Le temps extrascolaire est un temps libéré par l’école et conçu au bénéfice de l’enfant. Il est destiné à lui permettre de se reposer, de retrouver sa famille, de consolider ses acquis scolaires (devoirs) mais aussi d’avoir des activités adaptées à son âge.

Au retour à l’école, l’enfant doit être physiquement, intellectuellement et émotionnellement en mesure de suivre la progression proposée à l’école.

Dans la réalité et paradoxalement, on constate que c’est un temps dont l’enfant n’est plus le centre et dont l’organisation ne correspond pas nécessairement à ses besoins. Le temps extrascolaire est un temps qui subit les contraintes qui s’exercent sur les adultes, contraintes qui se répercutent par ricochet sur le temps extrascolaire.

  • La nécessité (ou le choix) d’exercer une activité professionnelle pour les deux parents rend leur présence difficile à assurer après l’école.
  • Les difficultés sont aggravées par des horaires de travail décalés.
  • Il faut y ajouter des temps de trajet importants pour se rendre à son travail, surtout dans les grandes agglomérations.
  • La garde alternée pour les enfants dont les parents sont séparés fait peser sur de nombreux enfants de grosses contraintes d’organisation.

Cette gestion du temps extrascolaire se fait différemment selon les populations.

Ainsi dans les quartiers dits difficiles beaucoup de parents se sentent démunis face à des enfants parfois jeunes qui leur échappent, happés par la rue et sa violence, ou la télévision et l’ordinateur. Ces familles et également les familles monoparentales ont parfois du mal à faire reconnaître la légitimité de leur autorité et ont du mal à remplir leur mission éducative auprès de leurs propres enfants.

L’Union Nationale Femmes Actives Et Foyer souhaite souligner trois axes de réflexion :

1. L’enfant et l’adolescent ont besoin de la présence effective de leurs parents et ceci bien au-delà des trois ans de l’enfant. Les pouvoirs publics se doivent de favoriser la présence des parents auprès de leurs enfants :

· En organisant les conditions d’une réelle liberté de choix : la création d’un véritable statut maternel (allocation maternelle, retraite, droit à la formation) permettrait aux femmes qui le désirent de se consacrer à leurs enfants, sans pour cela courir des risques démesurés en cas de séparation ou de veuvage. La vie de nombreuses femmes obligées de jongler entre les impératifs de leur activité professionnelle et leur vie de famille ressemble à une véritable galère surtout pour les plus modestes. On ne peut ensuite que constater que des enfants partent sans avoir eu la possibilité de prendre un petit déjeuner ou deviennent des « enfants à la clé » passé 16h30, livrés à eux-mêmes, à l’ordinateur, la télévision ou la rue. Et, comme le soulignait Monsieur le Ministre, seuls pour faire leurs devoirs

· En reconnaissant la valeur éducative, sociale et économique de l’investissement des femmes actives au foyer auprès de leurs enfants et dans leurs activités bénévoles. Elles aussi ont besoin d’être encouragées et soutenues dans la mission qui est la leur.

2. Les premiers responsables de leurs enfants sont les parents. Si certains sont aujourd’hui démunis face à leur mission éducative, il est opportun de réfléchir aux moyens de les accompagner.

· Une information sur les besoins des enfants aux différents moments de leur développement et ceci certes pendant la grossesse et la petite enfance, mais bien au-delà, avant que des difficultés apparaissent. Il y a en effet une transmission de savoir être et de savoir-faire qui ne se fait plus naturellement et qui laisse certains jeunes parents désemparés.

· Les ateliers d’échange de savoir-faire, les groupes de parole sont un bon exemple d’action très efficace auprès des parents, que les mairies peuvent encourager. (prêt de salles, aides à la formation des animateurs, soutien des associations locales qui promeuvent ces initiatives en direction des parents).

Les pouvoirs publics ne pourront jamais suppléer dans les mêmes conditions de coût et d’efficacité les parents absents ou défaillants. Une politique de prévention qui encourage les parents qui prennent en charge eux-mêmes leurs enfants et une politique d’aide à la parentalité paraissent à moyen terme le moyen le plus efficace de résoudre les difficultés rencontrées aujourd’hui dans la gestion du temps extrasolaire. Jusqu’où ira-t-on sinon dans la socialisation de la garde des enfants ?

3. A court terme, le quartier est le lieu privilégié de l’organisation du temps extrascolaire, parce que les jeunes y sont connus et que la proximité permet de faciliter l’organisation des parents.

· La politique de la ville devrait pouvoir faciliter la vie des familles autour d’un cœur de ville qui regroupe la halte garderie, la crèche, l’école, le collège, le marché, le centre social et différents services.

· Dans cette optique les locaux des écoles ou une partie d’entre eux devraient pouvoir être utilisés et non pas fermés en dehors des heures de classe pour accueillir les jeunes pour des loisirs éducatifs et éventuellement des familles qui souhaitent se réunir.

· Les associations devraient être soutenues dans les quartiers, elles créent des liens, une histoire et des activités enrichissantes pour les jeunes.

En conclusion, si une prise en charge totale des très jeunes enfants par la collectivité est possible ( à Chanteloup, une crèche a été crée, qui accueille les enfants 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24) ceci est inenvisageable pour les plus grands. Les politiques publiques pour pallier l’absence ou les défaillances des parents sont bien coûteuses et bien peu efficaces. La gestion du temps extrascolaire reflète ainsi les difficultés de notre société à s’organiser en fonction des besoins de ceux qui en sont pourtant l’avenir.

Une réflexion sans tabou est nécessaire sur les moyens à donner aux parents pour qu’ils puissent assumer leurs responsabilités et en particulier être présents auprès de leurs enfants.