Laissez-nous le choix


Par Chantal Johnston 21 Septembre 2017,
Apparemment les enfants ont perdu du temps de sommeil, ils ne dorment pas assez et ceci dès la petite enfance, et en cette période de rentrée scolaire ,cela devient un vrai problème car leur santé, leur comportement et leurs résultats scolaires en souffrent. Il faut donc prendre des mesures pour remédier à cette situation. Que peuvent faire les parents ? Comme d'habitude les conseillers sont innombrables, chacun avec sa méthode selon sa philosophie de vie.
Ce problème était abordé récemment dans l'émission radiophonique de RTL " Les auditeurs ont la parole". Une auditrice ,mère de 8 enfants de 3 à 18 ans a donné son expérience. Le fait que la maman était mère au foyer n'a pas été évoqué, ce qui importait était sa recette. Pour la plupart des média et des hommes (ou femmes ) politiques, les familles nombreuses sont le fait de quelques huluberlus au même titre que les écolos il y a quelques années, et la mère au foyer est franchement du passé.
Et pourtant la recette de cette auditrice était inutile si la maman n'était pas au service de sa famille. Quels que soient les progrès de la science la journée n'a que 24 heures, et les besoins des enfants restent les mêmes, surtout leur besoin d'un amour inconditionnel, individualisé et de personne à personne.

Cet amour doit se manifester en action, au jour le jour, et nécessite un contact non un rapport virtuel par le téléphone ou toutes sortes d'écrans. Les enfants ont besoin de rapports physiques avec leurs parents qui vont aussi leur donner des règles d'hygiène de vie, notamment faire en sorte qu'ils bénéficient d'un sommeil adéquat. Comment coucher les enfants à 20h quand on rentre du bureau à 18/19h? Comment vraiment leur donner toute son attention quand on a encore l'esprit dans les affaires en cours au boulot.

S'occuper des enfants, de la famille est une occupation à part entière, la seule qui puisse limiter les dégâts que la vie va automatiquement infliger sur nos enfants. La femme doit aujourd'hui travailler hors de chez elle, entrer dans le circuit économique officiel, c'est ce qu'on veut nous faire croire, c'est ce qu'on veut lui faire croire. Mais ceci est un grand mensonge.
Chantal Johnston

Exposez plutôt vos enfants à votre regard, à vos rires, vos chants. Les aventures qu'ils vivront chez vous et avec vous les construiront d'une toute autre façon.



Les écrans rendent-ils vraiment les enfants autistes?




Des médecins alertent sur le nombre d'enfants présentant des troubles du spectre autistique à cause d'une exposition aux écrans. 

Sa vidéo, publiée sur Youtube en mars, a été vue près de 120 000 fois. Pendant une vingtaine de minutes, Anne-Lise Ducanda alerte sur "les conséquences graves des écrans sur les enfants de 0 à 4 ans". Cette médecin en Protection maternelle infantile dans l'Essonne constate une augmentation fulgurante du nombre de tout-petits touchés par des troubles du spectre autistique, surtout dans les pays développés. En cause: leur explosion massive, "entre 6 et 12 heures par jour", aux tablettes , smartphones et à la télévision

Anne-Lise Ducanda liste des "retards de développement, des troubles du comportement, des enfants dans leur bulle (...) intolérants à la frustration, parfois agressifs, des gestes inadaptés, comme des enfants qui battent des ailes avec les mains, regardent fixement une lumière, jouent toujours avec le même jouet". Ce qu'elle appelle "des stéréotypies", soit la tendance à reproduire les mêmes attitudes, paroles, gestes.
 
Cette "triade", trouble de la communication, trouble des relations sociales et stéréotypies sont la définition de ce que l'on appelle les troubles du spectre autistique", poursuit-elle. Elle pointe le manque d'interaction avec les adultes et de stimulation, l'absence d'expérimentation, notamment par le toucher, et l'insécurité véhiculée par les écrans. Conclusion, l'enfant apprend mal.  

"Une question de santé publique"
Dans une tribune publiée le 31 mai dans Le Monde, une dizaine de médecins, pédiatres, psychologues et orthophonistes corrobore ce constat. C'est le cas de Carole Vanhoutte. Selon cette orthophoniste installée dans le Val-de-Marne, co-fondatrice de l'association Joue penseparle , "il s'agit d'une question de santé publique". 
Retard des apprentissages, absence de langage, trouble de la relation... Depuis quelques années, la signataire voit défiler dans son cabinet de plus en plus de jeunes enfants "qui ne regardent pas dans les yeux, ne jouent pas, ne répondent pas à leur prénom".  

Carole Vanhoutte se souvient de sa première patiente atteinte de troubles liés à l'exposition massive aux écrans: "C'était il y a six ans, une petite fille qui est restée dans son transat à regarder à télévision Dora, l'exploratrice de 0 à 3 ans. "En consultation, l'orthophoniste a donc pris l'habitude depuis dix ans de systématiquement poser des questions sur le rapport des enfants aux écrans. En ce moment, elle suit cinq petits trop exposés. 

"Je ne dis pas que ces enfants sont autistes, ou qu'ils le seraient parce qu'ils regardent trop longtemps des écrans, mais ils développent des troubles qui s'apparentent aux troubles autistiques", nuance-t-elle. Elle s'inquiète surtout que "les enfants ne savent plus jouer en inventant des histoires". "Ils ne construisent plus la fonction symbolique du langage en se faisant une représentation mentale du réel, et l'absence de manipulation de jouets les empêche de construire leur connaissance, ce qui crée des troubles du langage, de la lecture et de la logique." 

"Il y a une vraie inquiétude de la communauté scientifique sur le mauvais usage des écrans chez les plus petits, les pré-adolescents et les adolescents, d'autant que la France a tardé à s'occuper du problème", reconnaît Pierre Foucaud, chef du service de Pédiatrie du CHU de Versailles et président de la Société Française de Pédiatrie. 


Anna Benjamin - 16/09/2017 L'Express