Congé parental: Lettre ouverte au Président de la République

REACTION AU DISCOURS DU 13-02-2009

NON, Monsieur le Président, le congé parental n’est pas « un gâchis pour les mères ». Le retour à l’emploi est garanti par la loi avec un salaire et un poste similaire à celui occupé avant le congé parental. L’article L122-28-7 du Code du travail garantit une formation à temps complet pour permettre une remise à niveau si les pratiques dans l’entreprise ont changé. Donc les femmes qui avaient un emploi stable le retrouvent. Tandis que celles qui avaient un emploi précaire retrouvent les mêmes difficultés qu’avant, une fois que les versements de l’APE et l’ASSEDIC sont achevés. Pourquoi, au lieu de résoudre les difficultés réelles d’insertion professionnelle et de formation de certaines femmes, contraindre toutes les autres à réduire leur temps de présence auprès de leurs enfants ?
OUI, Monsieur le Président, toutes les études montrent que les familles qui élèvent des enfants, à fortiori quand un seul des deux conjoints est rémunéré, ont un niveau de vie nettement inférieur à celui des autres ménages. Si tel est votre souci, pourquoi ne pas engager une familiarisation de la CSG ? Pourquoi ne pas réformer le système de retraite qui pénalise aujourd’hui toutes les femmes du fait de leur maternité ? Réduire la durée du congé parental ne fera que fragiliser encore les familles nombreuses ou celles dont les enfants nécessitent soins et présence.
NON, Monsieur le Président, le congé parental, ce n’est pas « un gâchis pour la société ». La société est la première bénéficiaire de l’investissement des mères dans les soins et l’éducation de leurs enfants. La valeur économique et sociale de cet apport n’est pas prise en compte, car elle n’a pas de traduction directement monétaire. Par contre la non famille a un coût. Une fois de plus on instrumentalise les femmes : les femmes ont pourtant déjà « voté », puisque le COLCA est un véritable échec. Mais on souhaite augmenter le taux d’emploi des femmes et donc on veut imposer la réduction de la durée du congé parental.
AFFIRMER que « les problèmes de prise en charge des enfants constituent une sorte d’impôt sur la capacité de travail des parents » est faux si cela sert à justifier la réduction de la durée du congé parental : pour 75% des femmes le congé parental est un choix délibéré destiné à mieux profiter de son enfant, à pouvoir lui consacrer du temps. La mère est la première source de sécurité et d’attachement pour le jeune enfant. Trois ans pour son enfant, Monsieur le Président, est-ce de trop ?

LA REALITE, Monsieur le Président, c’est que le congé parental est plébiscité par les mères. Aujourd’hui le congé parental n’est imposé à personne, c’est une liberté offerte aux femmes à l’issue de leur congé maternité.
Pourquoi parler de libre choix et vouloir réduire la durée de ce congé ?

Le congé parental : un atout pour la politique familiale française

Communiqué de presse du 17 février 2009

Nicolas Sarkozy a annoncé vouloir réfléchir à une réforme du congé parental et en particulier à l'idée de le raccourcir, l'accusant d'être parfois à l'origine de " gâchis " au regard de l'activité professionnelle de la femme, de la situation financière de la famille, de la vie économique de la société.

Au contraire, nous voulons rappeler que le congé parental dans sa forme actuelle est un formidable atout pour la politique familiale française.

Un atout pour la natalité française : 20% des mères prennent un congé parental au 1er enfant, 50% au 2eme enfant et près de 80% à la naissance du 3eme enfant. Si ce congé disparaissait, qui accueillerait encore un 3ème enfant ? Rappelons qu’il est indispensable que certaines familles fassent le choix courageux d’accueillir 3 enfants ou plus pour compenser le fait que certaines familles ne peuvent ou ne veulent en accueillir qu’un seul ou pas du tout.

Un atout pour l’organisation familiale : pour de nombreuses mères, le congé parental permet non seulement de s’occuper d’un bébé en bas âge mais également bien souvent d’un ou plusieurs autres enfants d’âge maternelle ou primaire. Il permet une parenthèse bienvenue pour toutes celles qui privilégient le bien-être de leur famille.

Un atout pour l’organisation des modes de garde en France : les 570.000 mères en congé parental gardent près de 800.000 enfants de moins de 3 ans. Raccourcir ce congé supposerait de créer immédiatement 500 à 600.000 places en crèches supplémentaires. C’est inenvisageable, tant sur un plan pratique qu’en raison du coût d’une telle mesure. D’ailleurs, ce ne sont que 200.000 places de crèches que Nicolas Sarkozy propose de créer…et encore, d’ici 2012.

Un atout pour la société : lors de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a souligné le service que rendaient les mères qui restaient à la maison à la société toute entière et la reconnaissance qui leur était dû. (cf meeting de la Mutualité). Au-delà de l’éducation de leurs propres enfants, elles rendent des services inestimables au monde associatif et dans l’encadrement des sorties scolaires.

Un atout pour l’Etat : rien ne coûte moins cher à l’Etat qu’une mère qui choisit de garder elle-même son enfant. L’allocation qui est versée à la mère est beaucoup moins élevée que les subventions pour un mode de garde rémunéré. Rappelons à l’inverse que la crèche, mode de garde le plus demandé par les mères qui travaillent est le plus coûteux des modes de garde pour la collectivité.

Bien sûr, le congé parental peut être amélioré. On peut notamment :
- Renforcer l’accompagnement des mères qui prennent ce congé avec un emploi précaire qu’elles ne retrouveront pas à la fin du congé parental.
- Favoriser la formation en cours de congé pour une « remise à niveau » et une meilleure employabilité.
- Faciliter la réinsertion en entreprise à « temps choisi », en particulier pour les mères qui ont plusieurs enfants,…
- Créer un congé parental fractionné permettant aux parents d’être présents aux différents âges de l’enfant (par exemple outre à la naissance à l'age crucial de l'adolescence).

Pour autant, faut-il faire un énorme gâchis en réduisant comme peau de chagrin l’un des fleurons de la politique familiale française ?

CNAFC,
FEMMES ACTIVES ET FOYER,
MOUVEMENT MONDIAL DES MERES.





PARLONS D'AVENIR

Editorial du bulletin de Juillet 2008

Chères amies,

L’Union Nationale Femmes Actives Et Foyer salue la nomination d’un Secrétaire d’Etat chargé de la Famille et regrette que le Haut Conseil de la Famille ne soit toujours pas en place.

Les femmes actives au foyer, qui pour la plupart se consacrent à leurs enfants et parfois à de nombreux enfants, savent que ce temps, ce cœur, cette énergie qu’elles leur donnent sont déterminants pour l’avenir.

De la même façon, elles soulignent que la politique familiale quand elle est ambitieuse, détermine la richesse et le dynamisme futurs de la société française toute entière. C’est pourquoi les moyens accordés aux familles qui élèvent des enfants ne sont ni des cadeaux, ni des charges, mais des investissements consentis par le pays pour préparer son avenir. Un avenir qui ne peut faire l’impasse sur les plus jeunes.

La multiplication d’annonces gouvernementales dans le champ familial, la pénalisation des mères du fait de leur maternité au moment de la retraite, aggravée par les dernières réformes, inquiètent les familles et particulièrement les mères. Avec l’UNAF, FAEF UN rappelle qu’ « il ne faut pas confondre politique familiale, engagement fort de la nation vis à vis des familles et politique sociale, aux frontières variables, destinée à compenser les aléas de la vie. »

Les femmes actives au foyer attendent donc une réaffirmation des principes de notre politique familiale. Elles demandent une amélioration significative de la retraite des mères. A cet effet, FAEF UN, en collaboration avec Femmes Actives et Foyer Yvelines, élabore une plaquette intitulée « Améliorer la retraite des mères » qui sera largement diffusée.

Bon été à toutes,

DES NOUVELLES DE L'EUROPE

L’UNION NATIONALE FEMMES ACTIVES ET FOYER ADHERE A UNE STRUCTURE EUROPEENNE, LA FEFAF.

La Fédération européenne des femmes actives au foyer regroupe des associations de femmes actives au foyer d’Italie, de Belgique, de Grande Bretagne, du Danemark, d’Europe de l’Est, d’Allemagne…


Elle défend l’idée que toute femme, tout homme doit avoir le libre choix d’organiser elle-même, lui-même, son itinéraire de vie, en fonction des besoins de sa famille, sans moduler sa vie sur celle des personnes poursuivant une carrière rémunérée à temps plein.


La FEFAF demande donc :

  • la reconnaissance de la valeur humaine, sociale, culturelle économique du travail familial non rémunéré de CARE (attention, soin, éducation), effectué au foyer au profit d’un membre dépendant de la famille.
  • la valorisation de celle qui fait ce travail : La dignité et la citoyenneté doivent être basées sur des valeurs humaines et pas seulement sur des valeurs économiques.

Il est en effet nécessaire de prêter attention à ces femmes pour diminuer leur pauvreté et lutter contre leur précarisation .7 pauvres sur 10 dans le monde sont des femmes. En France, 83% des retraités percevant moins de 500€ par mois sont des femmes.

  • un statut et des droits sociaux propres adaptés, non liés à un travail rémunéré, pour prendre en compte le temps de travail familial.
  • la mise en œuvre d’une politique familiale qui prenne en compte les besoins des familles, les cycles de vie et qui soit distincte d’une politique de l’emploi.
  • un dialogue civil régulier des pouvoirs publics avec les associations.

Concrètement, la Commission a organisé, un premier forum européen sur le changement démographique. Si certaines autorités et experts ont martelé que l’Europe ne pourra faire face au vieillissement de sa population « qu’en faisant plus d’enfants et donc en prévoyant plus de lieux d’accueil hors famille et en obligeant les travailleurs à travailler plus longtemps », dans la salle de nombreuses voix se sont élevées , soutenues par le Commissaire Splida et son administration , réclamant que les enfants ne soient pas considérés comme des « porte monnaie chargés de payer les pensions » mais comme des personnes ayant droit à une vie de famille. Il a été demandé que les familles soient considérées comme les premiers lieux d’accueil de ces enfants et que tout soit fait pour les aider à prendre en charge les enfants à naitre. Il a été demandé avec beaucoup d’insistance que les personnes assurant la prise en charge des enfants comme des personnes dépendantes soient reconnues et que la valeur de ce travail soit prise en considération. Un langage nouveau dans ce genre de réunion au sommet qui est très positif. .

Au Parlement européen, Madame Zaborska ayant fait un rapport demandant que la famille retrouve toute l’importance à laquelle elle a droit, a été réélue présidente de la Commission de la Femme. La FEFAF travaille avec ses services pour mettre sur pied une concertation d’ONG pour lesquelles le travail rémunéré n’est pas une fin mais une possibilité de statut en cours de vie. La FEFAF travaille également avec l’intergroupe famille.

Au Conseil de l’Europe, travail sur un rapport sur l’importance des politiques adaptées aux besoins des familles. La ministre allemande de la famille a proposé la signature d’une alliance européenne pour la famille. La FEFAF a eu l’occasion de la rencontrer. Plusieurs ONG et le Comité Economique et Social européen ont demandé que la famille et le parent au foyer retrouvent leur place dans la société.

Le Comité Economique et Social propose que la Commission élabore un véritable registre des bonnes pratiques en matière de politique familiale et d’autre part la signature d’un pacte européen pour la famille, à l’image du pacte européen pour la jeunesse. Ce pacte comporterait des engagements concrets de la part des Etats membres :

  • Mise en œuvre de politiques répondant aux attentes des populations sur le nombre d’enfants souhaités par les couples européens, dont toutes les enquêtes montrent qu’ils souhaiteraient avoir plus d’enfants qu’ils n’en ont.
  • Fixation d’un plancher de budgets publics consacrés aux enfants et aux familles, donc aux investissements pour l’avenir, pour éviter qu’ils ne soient éventuellement laminés par les coûts collectifs de la « gérontocroissance ».
  • Garantie de promouvoir un environnement favorable aux familles, aux mères, aux pères et aux enfants (congés parentaux, adaptation des horaires de travail…)
  • Engagement de permanence et de durée des mesures prises en faveur de l’enfance et de la famille, la pérennité de ces mesures étant la clé de leur succès.

La FEFAF est donc très présente et participe également à de nombreuses rencontres pour que le travail familial soit mieux connu.

La FEFAF dispose d'un site: http://www.fefaf.be/contact_fr.php

DES NOUVELLES DE L'ONU


Rencontre avec Brigitte Polonovski - Représentante de la FEFAF et FAEF à l'ONU

Brigitte, pouvez-vous vous présenter ? Vous êtes véritablement très active !
Quand j’ai eu cinquante ans j’ai suivi mon mari qui était muté et j’ai abandonné mon travail et mon mandat politique. A ce moment là je n’ai conservé que mes activités bénévoles au sein du CIF (Conseil International des Femmes) et de la FAI (Fédération Abolitionniste Internationale, association qui agit en faveur de l’abolition de l’exploitation de la prostitution) dont j’étais la présidente internationale. J’avais rencontré Brigitte Legouis, présidente de la FAEF qui m’a demandé de les représenter à l’ONU à New-York comme à Genève. Puis la FEFAF me l’a aussi demandé. Ces engagements sont devenus des activités à temps complet ; j’étais disponible même si j’aurais bien retravaillé quand nous sommes rentrés en France/Suisse, mais j’ai été disqualifiée pour cause d’âge (52 ans).

Comment en êtes-vous venue à agir pour les femmes ? Qu’est-ce qui vous pousse à agir ?
Votre question me semble tellement étonnante !
Comme femme qui s’intéresse à la vie extérieure, qui a de la chance dans la vie, dans la mesure où je suis née dans un pays du nord, ayant toujours eu un toit sur la tête, chaque jour à manger, je ne vois pas comment je ne pourrais pas m’intéresser à ceux qui ont moins de chance que moi dans la vie. J’ai été jeannette puis guide, investie en politique, m’intéresser à ceux qui n’ont pas la même chance que moi c’est ma façon d’être présente au monde.

Aujourd’hui vous êtes membre permanent du CIF et représentante de l’Union nationale et de la FEFAf à l’ONU, qu’est-ce que cela veut dire?
D’abord quelques éclaircissements sur le fonctionnement de l’ONU !
A l’ONU il y a d’abord l’Assemblée générale, puis le Conseil Economique et Social (ou encore ECOSOC, qui accrédite les ONG dont FAEF), puis les commissions (dont la Commission sur la condition de la femme, Commission on the Status of Women, CSW) et le Conseil des Droits de l’Homme.
Tous les organismes font des rapports qui sont votés lors des sessions et servent de référence pour les sujets traités. La difficulté, c’est que les membres de l’ONU sont des gouvernements, donc tout ce qui se fait dépend aussi du rapport politique qu’entretiennent entre eux les Etats. Même les droits de l’Homme sont ainsi liés à la politique.
Il y a ensuite les comités qui sont en principe des groupes d’experts garants des conventions internationales et qui suivent ce qui est fait pour la mise en œuvre des pactes dans les différents Etats qui les ont ratifiés.
Les ONG peuvent soumettre des rapports alternatifs qui sont souvent plus proches de la réalité vécue sur le terrain.
A côté de l’ONU, il y a la Conférence des ONG(CONGO) qui a environ 600 affiliés. (3000 ONG environ sont accréditées à l’ONU). Cette conférence est organisée en comités (statut de la femme, droits de l’Homme, développement, liberté religieuse, santé, éducation…). La CONGO a pour mandat de faciliter le rapport des ONG avec les Nations Unies. Ses comités organisent des tables rondes, des discussions avec les gouvernements, les ONG, rédigent et soumettent des déclarations orales ou écrites, font du lobbying global.
Il y a enfin le groupe des ONG pour les droits des enfants, qui œuvre à la mise en œuvre de la Convention des droits de l’enfant.

Concrètement, à quels groupes de travail avez-vous participé ?
A l’ONU, je participe aux séances de l’ECOSOC en juillet une année sur deux à Genève, à toutes les session du Conseil des Droits de l’Homme environ 14 semaines réparties pendant l’année, au comité des droits de l’enfant trois fois trois semaines par année (CRC) et maintenant au comité sur la convention sur l’élimination de la discrimination envers les femmes (CEDAW) aussi trois semaines trois fois par an (et deux fois à New York sessions couvertes par mes collègues là-bas). J’ai travaillé au sein du groupe de travail sur l’extrême pauvreté (5 experts nommés par les gouvernements et représentants des 5 régions du monde et 2 représentants des ONG, c.à.d. ATD Quart Monde et moi). Nous avons élaboré des principes directeurs pour l’éradication de l’extrême pauvreté, le premier des huit objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Approuvés par le Conseil des Droits de l’Homme, il sera soumis à l’Assemblée générale l’année prochaine. Au sein du groupe des ONG sur les droits de l’enfant, je fais partie du groupe de travail relatif aux enfants dépourvus de soins parentaux qui a rédigé des principes directeurs sur ce sujet et ce document sera soumis par le Brésil à une prochaine session du Conseil des Droits de l’Homme.
Au sein de la CONGO, j’appartiens au comité des droits de l’Homme et à celui sur la condition de la femme et je préside le groupe de travail sur les violences à l’égard des femmes et des filles ainsi que celui sur la petite fille (nous avons édité une brochure sur les infanticides, et en préparons une sur les mariages précoces et les mariages forcés).
Je suis membre du groupe des ONG pour les droits de l’enfant et je participe en particulier au groupe de travail sur l’exploitation sexuelle des enfants.

Quelles perspectives pour 2008 ?
En 2015 les huit objectifs du millénaire pour le Développement (Millenium Développement Goals) définis en 2000 à l’ONU doivent être atteints ; 2008 se situe donc à mi-parcours, c’est le moment de faire le point et d’être actif.
Je continue de travailler sur les violences exercées contre les femmes et les enfants, les filles en particulier, et sur l’éradication de la faim et de l’extrême pauvreté.
Je suis bien sûr très intéressée pour relayer tout ce qui se fait sur ces sujets à différents niveaux, échanger et rencontrer les personnes qui prennent à cœur ces sujets. Comme représentante de votre organisation je suis aussi particulièrement tout ce qui se fait au niveau de la famille et des sujets en rapport avec les femmes au foyer. Dans le groupe des ONG sur l’emploi et l’économie, cela fait une année que nous travaillons sur le travail informel et les femmes au foyer. Nous sommes intervenues pendant la conférence du Bureau International du Travail et aussi pendant la dernière session de l’ECOSOC cette année 2007 et l’an prochain, le sujet principal de la Commission sur la condition de la Femme à New York fin février étant le financement de l’égalité des genres et autonomisation des femmes (Financing for gender equality and empowerment of women) le sujet va être abordé en détail et le groupe de travail va organiser tables rondes et déclarations avec beaucoup d’autres organisations dont la FEFAF.

Toutes vos idées, contributions et expériences sont les bienvenues et je serai toujours très heureuse d’avoir de vos nouvelles et de répondre à vos questions.
Je vous suggère d’aller voir sur internet si vous l’avez, sur le site des Nations Unies :
www.un.org
et de naviguer dans les droits de l’homme www.ohchr.org
et ceux des femmes www.un.org/womenwatch .

ELECTIONS MUNICIPALES 2008

Les élections municipales approchent et nous connaissons toutes l’impact des décisions des municipalités sur la vie des familles et des femmes actives au foyer en particulier.

Accueil de la petite enfance (l’accès à la cantine est-il seulement réservé aux enfants de parents qui travaillent ?), activités périscolaires (pendant les vacances par exemple), aide à domicile pour les personnes âgées, accès des enfants handicapés dans les crèches et les écoles, logements sociaux, politique foncière, carte famille, fiscalité des impôts locaux plus ou moins favorable aux familles, communication sur les activités des associations dans le bulletin municipal, attribution de locaux aux associations, organisation d’une journée annuelle des familles….

La liste est inépuisable parce que la politique familiale concerne les différents âges de la vie et ce qui touche au cadre de vie. Ce sont des thèmes très concrets qui ont un impact important sur la vie des familles. C’est le moment d’interpeller les candidats sur la place qu’ils souhaitent donner aux familles.

Certaines UDAF ont sollicité l’association de femmes actives et foyer de leur département. Cela a été le cas dans les Yvelines. Avec Marie-hélène Ruby nous avons participé avec d’autres associations familiales à un échange sur les questions que nous souhaiterions poser aux candidats. Un document a été élaboré qui sera largement diffusé ainsi que les coordonnées de chaque association contributive.

C’est un bon moyen de manifester notre intérêt et notre existence, alors à vos plumes !

POURQUOI UNE ASSOCIATION DE FEMMES AU FOYER ?

Editorial du bulletin de Janvier 2008.


Parce que tout simplement l’union fait la force. Nous sommes les seules à demander une politique équilibrée donnant à chaque femme les moyens du libre choix pour son épanouissement et un statut propre dès le premier enfant. Nous sommes les seules à vouloir faire reconnaître le travail au foyer à sa juste valeur économique et sociale.

Plus nous serons nombreuses, plus nous serons entendues. Au niveau national bien sûr et cela exige de nous toutes un effort renouvelé. Pour cette nouvelle année je forme le vœu qu’au sein de l’Union Nationale des personnes déterminées nous rejoignent pour nous permettre d’exercer une action et une influence à la mesure des enjeux.

Mais notre action se développe également au niveau de l’Europe et au niveau de l’ONU.

C’est pourquoi l’Union Nationale adhère à la FEFAF (Fédération Européenne des Femmes Actives Au Foyer), qui nous représente auprès des institutions européennes et à l’ONU.

La famille et le travail des femmes actives au foyer sont bien des sujets d’intérêt national mais les réflexions et propositions doivent s’effectuer au niveau européen et onusien. Si une ONG axée sur la demande de valorisation du travail familial n’était pas présente à l’ONU, au Parlement européen, auprès de la Commission, qui en parlerait ?

C’est pourquoi nous avons consacré une grande partie de ce numéro aux activités de la FEFAF. Vous pourrez lire également une interview de notre représentante à l’ONU, Brigitte Polonovski que nous remercions de sa fidélité.

EMPLOI FEMININ

LA PARITE ? A TEMPS PARTIEL

"L’objectif fait, en Europe, l’unanimité : pour augmenter le taux d’emploi de la population en âge de travailler, il faut faciliter l’accès des femmes au marché du travail, ce qui réduira par la même occasion les écarts de rémunération entre elles et les hommes. Pourtant, note Christel Gilles, dans une étude pour le centre d’analyse stratégique (note de veille 72), on peut se demander si l’augmentation du taux d’emploi féminin est compatible avec la réduction des inégalités de genre.

En effet alors qu’entre 2000 et 2005, le taux d’emploi féminin a cru de 53,9% à 57,4% en moyenne au sein de l’Union européenne, l’écart de salaire entre hommes et femmes est resté à peu près constant, passant de 16%à 15% sur la même période. Pourquoi ? Parce que beaucoup de femmes sont beaucoup plus que les hommes concentrées dans un petit nombre de secteurs et de métiers, où les emplois sont en moyenne peu qualifiés. Les femmes qui travaillent sont employées à 47,5% dans quatre branches (sur 62) : santé et action sociale (17%), commerce de détail (12.5%), éducation (11%), administration publique (7%).Et trois professions regroupent le quart d’entre elles : vendeuses (8%), aides de ménage (8%) et personnel soignant (7%). Autre caractéristique de l’emploi féminin, le temps partiel qui concerne une femme sur trois contre un homme sur dix en Europe.

Jusqu’ici rien de bien surprenant. Ce qui l’est plus, en revanche c’est que les pays réputés les plus attentifs à la parité, au nord de l’Europe, sont aussi ceux où ces caractéristiques de l’emploi féminin sont les plus accentuées. Au contraire, dans les pays du sud- la France se situant dans une position intermédiaire- où le taux d’emploi féminin est plus faible, ces caractéristiques sont moins prononcée : le temps complet y est plus fréquent et la diversité des emplois occupés plus importante. L’augmentation du taux d’emploi des femmes semble passer par un développement du temps partiel et d’emplois de services peu qualifiés, jugés plus compatibles avec la vie familiale et les tâches domestiques assignées traditionnellement aux femmes, du Nord au Sud de l’Europe !

Comment dès lors, rompre ce cercle vicieux ? En facilitant le recours aux modes de garde des enfants et aux congés familiaux pour permettre aux femmes d’accéder aux emplois qualifiés et à plein temps- c’est ce que les pays nordiques n’ont pas fait, et rendre neutre le choix d’un emploi à temps partiel par rapport à un temps complet en termes d’activité, de rémunération horaire et de progression de carrière…"

Le Monde 2 Octobre 2007

Donc, résumons-nous : pour faire face au vieillissement pourtant largement prévisible de la population en Europe et au manque de main d’œuvre qui en découlera, « il faut faciliter l’accès des femmes au marché du travail ». « L’unanimité » est d’autant plus grande que l’activité féminine est aujourd’hui souvent présentée comme la condition sine qua non de la soit disant émancipation féminine. Mais il y a une contradiction: les femmes sont massivement représentées dans les activités de soin, d’entretien, d’éducation, qu’on appelle aujourd’hui « les services à la personne »…domaines stigmatisés comme étant le lieu par excellence de l’asservissement féminin quand ils sont effectués au service de sa propre famille et qui ne permettent pas des rémunérations ni des carrières importantes.


LA DISCRIMINATION PROFESSIONNELLE EN FRANCE ET EN SUEDE.

Rapport de Valérie Pécresse au Premier Ministre février 2007, pages 48-49

En France comme en Suède certains métiers connaissent une forte présence de mères. Ainsi 70% d’entre elles exercent leur activité dans 11 métiers. Il existe toutefois des différences entre les deux pays.

En Suède la ségrégation professionnelle parait plus forte. La moitié des mères est concentrée dans trois professions, alors qu’en France 50% exercent dans 6 métiers différents. 30% des suédoises occupent un emploi dans 6 métiers différents ; 30%des suédoises occupent un emploi dans une seule profession qui est aussi la première profession des mères françaises mais pour seulement 14%d’entre elles (la profession des employés de bureau regroupe 11% des mères, celle des employés non qualifiés des services et de la vente plus de 9%).

En outre, la répartition des mères selon le secteur d’activité, public ou privé, est caractérisée par une très forte polarisation en Suède, où les trois quarts exercent dans le secteur public contre seulement un tiers en France.

En Suède l’offre de garde n’est effective que pour les enfants âgés d’un an et demi.(…) 34% des mères suédoise travaillent à temps partiel, le plus souvent pour des motifs exclusivement familiaux. L’écart n’est pas très grand avec les femmes françaises, puisque cette proportion est de 31%, mais les motifs ne sont pas les mêmes car en France le temps partiel renvoie aussi à une logique d’ajustement aux difficultés du marché du travail qui touche les femmes les moins qualifiées, les plus en difficulté, et peut alors être contraint.

En Suède la politique familiale a donc des conséquences importantes sur les carrières professionnelles des femmes. Elles travaillent surtout dans des secteurs protégés et à faible concurrence masculine. In fine, la politique familiale suédoise, souvent citée en modèle se traduit par une ségrégation professionnelle, horizontale pour l’accès aux métiers et verticale pour l’accès aux postes de responsabilité) plus forte qu’en France.

ETRE FEMME AU FOYER : ENJEUX ET PERSPECTIVES

Marie-Hélène Ruby Présidente de Femmes Actives Et Foyer Yvelines et Isabelle Freyssinges, Présidente de l’Union Nationale ont organisé conjointement une réunion d’information intitulée :

Etre femme au foyer, enjeux et perspectives :

Quel équilibre personnel ?

Quelle place dans la famille ?

Quel rôle dans la construction de la société ?

Nous avons commencé avec une présentation que nous reprenons en partie dans le bulletin sur notre fonctionnement et notre représentation au niveau européen et à l’ONU. Nous avons ensuite poursuivi avec des tables rondes. Les participantes se sont présentées au sein de chaque table ronde sur le thème « Comment je suis devenue femme au foyer ».

Les tables rondes ont ensuite permis à chacune d’échanger sur les difficultés rencontrées, les questions, les propositions des femmes au foyer. Ce sont ces échanges que nous vous rapportons.

Nous avons respecté le plus possible les formulations et retransmis toutes les contributions de chaque groupe.

Ce type de réunion peut facilement être organisé chez l’une ou l’autre association ou antenne à sa demande.

DIFFICULTES

L’équilibre personnel d’une femme au foyer peut être difficile à trouver quand se développe le sentiment d’être un « bouche trou » ou de donner toujours sans recevoir en retour, avec une exigence de disponibilité sans faille de la part des proches.

Sans compter la surprise de se trouver plus fatiguée à s’occuper de sa famille que lorsqu’on avait une activité professionnelle.

Quand l’isolement s’ajoute au sentiment de manque de reconnaissance du conjoint ou des enfants, que l’on a l’impression de travailler dans l’ombre sans en ressentir de vraie satisfaction, le vague à l’âme n’est pas loin !

Heureusement que nous avons FAFY ! (n.d.l.r.)

Et c’est vrai que l’absence de statut social propre, la précarité liée à l’absence d’un second revenu ou à la difficulté de retrouver un emploi si c’était nécessaire sont des réalités peu encourageantes.

La négation de la différence sexuelle homme -femme dans la société d’aujourd’hui, ainsi que le sentiment qu’il s’agit là d’une question taboue ont été également soulignés.

QUESTIONS

Des questions de fond d’abord s’agissant de l’équilibre personnel :

Est-ce une vocation ? Comment faire comprendre que notre disponibilité est une vraie richesse ?

Beaucoup de questions sur l’avenir : quelles ressources au moment de la vieillesse, en cas de maladie, veuvage, divorce ?

Concernant la place des FAF dans la société, des questions de fond : L’éducation d’un enfant s’arrête-t-elle à ses trois ans ?

Pourquoi une nounou a-t-elle une retraite et pas une femme qui s’occupe elle-même de ses propres enfants ?

Pourquoi ne parle-t-on jamais des besoins des femmes au foyer dans les débats publics ?

PROPOSITIONS

La première suggère de ne jamais oublier que les tâches simples du quotidien sont au service de la construction de la personnalité d’êtres humains.

La seconde suggère de rechercher un bon équilibre entre enfants, bénévolat et hobbies. Une autre ajoute « libérer du temps pour soi sans complexe. »

Dans le même ordre d’idée, une autre suggère qu’une journée de halte garderie par semaine puisse être réservée aux jeunes mamans à la maison.

Retravailler est une réalité, l’accent est mis sur la possibilité de bénéficier d’un bilan de compétences ou d’une formation adaptée aux femmes qui en expriment le désir.

D’autres demandent la création d’un groupe d’étude sur le bénévolat : compétences, reconnaissance…

La place dans la famille sera d’autant plus reconnue que la FAF sera rayonnante souligne une participante ; une autre souligne que le regard du mari aurait parfois besoin d’évoluer. Surtout la FAF elle-même devrait pouvoir s’affirmer comme « cadre familial », « oser montrer le plus », montrer le soutien pour le travail du mari.

Les propositions sur le sujet de la reconnaissance du rôle de la femme active au foyer dans la société ont été nombreuses.

Les droits : salaire maternel, retraite, congé parental à partir du premier enfant, validation de l’expérience en tant que bénévole.

Le travail sur l’image et la réalité de l’activité de femme active au foyer : communiquer sur la grandeur de la femme au foyer, dans la presse, la famille, les associations et aussi les forums des métiers, les lycées ; communiquer sur le coût social des foyers sans mère au foyer, trouver un nouveau nom, créer une nouvelle catégorie professionnelle, un label de qualité « choisi par les femmes au foyer », médaille de la famille.

Donner une influence visible aux femmes actives au foyer dans la société en leur donnant une représentation propre dans les instances familiales et surtout « militer » : pour que nos enfants devenus adultes puissent ne pas avoir une vie de fous et puissent choisir leur mode de vie.

C’est justement la raison d’être de notre association !

Invitation 23 Octobre 2007